Peugeot : des nouveautés plein les tuyaux.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Les comptes passés à la paille de fer ( la perte nette dévoilée par le premier constructeur français atteint 5,01 milliards d’euros,contre un bénéfice de 588 millions en 2011. Elle inclut des dépréciations d’actifs massives dans sa branche automobile, déjà annoncées la semaine dernière à hauteur de 4,7 milliards et qualifiées de "jeu d’écriture comptable" par la CGT, sic) vont permettre à PSA d’aborder 2013 sur des bases assainies et d’arriver à retrouver des bénéfices en 2014. La “consommation de cash” vient d’investissements(usines, modèles, plates-formes, moteurs et boîtes...) qui vont avoir leurs premiers débouchés en 2013, les bénéfices de l’allianceavec GM ne seront vraiment visibles qu’en 2016.

Chez Peugeot, le renouveau se prépare. Il y a un an exactement, l’action Peugeot valait 16 euros, ce qui était déjà très bas. Actuellement, après augmentation de capital, après la publication de mauvais résultats (mais restauration de la situation financière, la dette de la filiale automobile est tombée à 1,25 milliard €, six fois moins que chez Fiat), elle vaut 6,40 euros et encore, pas tous les jours ! En Bourse, le groupe PSA Peugeot Citroën vaut 2,12 milliards d’euros, c’est à peine les deux tiers de la seule valeur du terrain qui sera libéré à la fermeture de l’usine d’Aulnay et qui pourra être valorisé entre 3 et 3,5 milliards d’euros, pendant les 10 à 15 ans qui suivront cette fermeture.

C’est à peine plus de deux fois la valeur, à 100% de la filiale logistique, Gefco dont PSA a vendu 75%, il y a quelques semaines. Malheureusement, les fantasmes sont de rigueur sur le groupe PSA. Même si ce n’était pas avec l’intention de mal faire, lorsque Jérôme Cahuzac, ministre du Budget, a dit qu’il pourrait y avoir, en cas de besoin, une participation publique au capital du groupe PSA, cela n’a pas aidé, au contraire, cela a déclenché une polémique à la fois sur les extrêmes difficultés de l’entreprise et, de surcroît, sur la possibilité, à vil prix, d’une recapitalisation, donnant raison aux vendeurs à découvert qui ont en positions vendeuses plusieurs dizaines de millions de titres inexistants !

Beaucoup d’hommes politiques, surtout à gauche, ont récité sans fin, comme l’a dit un éditorialiste du « Figaro », le catéchisme des « patrons voyous » et des « licenciements boursiers ». Cela ne sert à rien, les réalités sont là, lorsqu’une entreprise ne gagne pas d’argent elle est obligée, pour organiser sa survie, de fermer les robinets là où il y a des fuites ! Dans un rapport, réalisé par Monsieur Sartorius, à la demande de Monsieur Montebourg, il a été dit que le groupe Peugeot ne s’était pas suffisamment internationalisé… qu’il a une fabrication trop axée sur la France, à ce jour, alors que ses débouchés sont essentiellement, désormais, pour environ 80% hors de France, dont 40% en Europe. 


Une restructuration à la hauteur des soucis.


Le groupe PSA a pris le taureau par les cornes avec son plan de restructuration qui conduira à la fermeture de l’usine d’Aulnay, avec le non renouvellement de certains départs naturels soit, donc, à terme, d’ici à la fin de l’année 2014, 11.000 à 11.500 suppressions de postes en France. Cela permettra de sauvegarder, il faut le savoir, plus de 65.000 emplois directs et au moins autant en emplois indirects. Fin 2007 début 2008, le groupe s’est positionné pour être en mesure de fabriquer 4 millions de véhicules par an à partir de 2012. Hélas, l’effondrement des ventes en Europe à partir du milieu de l’année 2011, qui s’est accéléré en 2012, est arrivé à contre emploi alors que le groupe avait investi très lourdement à la fois dans de nouvelles technologies, dans des moteurs récents, dans des boîtes de vitesses, dans l’extension de sa gamme et, bien sûr, dans des extensions hors Europe. Une fois qu’un investissement est lancé c’est impossible de l’arrêter d’un seul coup sauf très rares exceptions.

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