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L’ancien ministre UMP votera pour le mariage pour tous
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Benoist Apparu, député UMP de la Marne : «La transformation de la société a déjà eu lieu…»
Deux députés UMP, Benoist Apparu et Franck Riester, ont annoncé qu’ils voteront la loi en faveur du mariage pour tous. Benoist Apparu, ancien ministre du Logement et député UMP de la Marne, estime que l’amour homosexuel doit être reconnu sur le plan social et aussi pour apporter une protection juridique aux 40 000 enfants qui vivent dans des unions homosexuelles. Cependant, il nous confie qu’il a longuement hésité avant de prendre une telle décision... Il nous explique pourquoi.
L’Hebdo-Bourseplus : Pourquoi avez-vous décidé de soutenir le texte sur le mariage pour tous ?
Benoist Apparu : C’est une décision qui a été mûrement travaillée, mûrement réfléchie, parce que c’est un sujet éminemment complexe qui ne souffre pas beaucoup de caricatures et d’approximations. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de voter en faveur de ce texte. Ce texte permet ce que j’appelle la reconnaissance sociale de l’amour homosexuel. L’amour homosexuel existe, il est légitime et il est reconnu en tant que tel. Cependant, il n’y a pas de reconnaissance sociale de cet amour. Quand vous aimez une femme, vous pouvez l’épouser. Quand vous vous mariez avec elle, vous publiez des bans à la mairie, vous prenez des témoins devant le maire pour affirmer à la société l’amour porté à l’autre. C’est aussi cela le mariage. Il faut offrir cette reconnaissance sociale à l’amour homosexuel via une cérémonie, que l’on aurait pu appeler autrement que le mariage, mais le mariage est l’une des solutions possibles. C’est la première raison pour laquelle je vote pour ce texte. Ensuite, ce texte répond à une problématique particulière sur laquelle j’ai le sentiment que l’on se voile un peu la face.
Il y a, à l’heure actuelle en France, 40 000 enfants qui vivent dans des unions homosexuelles. Ce n’est plus une question de mariage, mais une question de parenté… Ces 40 000 enfants existent, ils sont élevés dans une union homosexuelle, il faut sécuriser juridiquement leurs liens, avec leur père ou leur mère biologique évidemment, mais aussi avec le «beau-parent» qui vit en concubinage avec le parent biologique. Il y a là, me semble-t-il, un impératif de sécuriser ces situations et c’est ce que permettra cette loi demain. Le gros sujet d’inquiétude qui m’a beaucoup questionné, c’est évidemment l’adoption plénière, c’est-à-dire la capacité, via le mariage, de donner à deux hommes ou à deux femmes la possibilité d’adopter des enfants. On nous dit que c’est une transformation radicale de la société et du mariage. Je m’inscris en faux contre cela. D’abord, si transformation il doit y avoir, elle a déjà eu lieu…
En effet, à partir du moment où nous avons 40 000 enfants qui vivent dans des unions homosexuelles, cette transformation a déjà eu lieu. Ensuite, quand on regarde la réalité quantitative des adoptions en France, nous avons eu 894 adoptions l’année dernière. Sur cette moyenne de 900 adoptions, vous en aurez 100 ou 200 l’année prochaine avec des couples homosexuels. Tout cela, pour 40 000 enfants qui vivent déjà avec des couples homosexuels… Je ne vois pas en quoi cela transformera la société ! J’ai le sentiment, dès lors que nous sommes face à une situation d’adoption, qu’il ne s’agit pas d’un droit à l’enfant, puisque c’est un enfant qui existe déjà, et cet enfant est proposé à l’adoption. Ce sera à une commission départementale de décider quel est le projet parental le plus à même de répondre aux besoins de l’enfant et il n’y aura donc pas de droit à l’enfant, puisque celui qui demande n’aura pas nécessairement un enfant. C’est la raison pour laquelle l’adoption pour un si petit nombre de couples homosexuels ne me pose pas de problème.