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Le matraquage des automobilistes a-t-il un impact sur l’industrie française ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Thierry Benoit, député UDI d’Ille-et-Vilaine :«Toutes les contraintes que nous faisons peser vers l’automobiliste ne sont certainement pas sans produire des effets sur l’utilisation, la consommation ou l’achat».
Mardi 29 janvier dernier, Thierry Benoit, député UDI d’Ille-et-Vilaine, a interpellé Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, sur la situation de l’industrie automobile. Le parlementaire accuse le gouvernement de ne pas avoir de stratégie industrielle sur le secteur de l’automobile. Mais, ce qui est plus intéressant, c’est que Thierry Benoit estime que le matraquage fiscal entretenu à l’égard des automobilistes n’est pas étranger à la chute des ventes des voitures neuves… Un entretien sans langue de bois…
L’Hebdo-Bourseplus : Vous venez d’interpeller le gouvernement sur la situation de nos constructeurs automobiles, en soulignant que l’automobile n’est pas en odeur de sainteté dans notre pays et qu’il ne faut donc pas s’étonner que ce marché se porte mal…
Thierry Benoit : Effectivement. Il faut aussi faire le constat que l’évolution des marchés n’est pas à notre avantage pour ce qui concerne le continent européen. En 2011, un pays comme la France a importé 1,3 million de véhicules, alors qu’elle en a exporté un peu plus d’1 million. Il y a le marché national, il y a le marché européen, on voit que les constructeurs européens délocalisent leur production pour se rapprocher des lieux de consommation, c’est-à-dire la Chine et l’Amérique latine. Face à cette mutation de la filière industrielle automobile, j’ai interrogé le gouvernement en faisant le constat qu’il a fait des annonces depuis six mois, notamment autour du véhicule électrique, et j’observe - peu importe le constructeur, Peugeot-Citroën ou Renault - que nous sommes dans une perspective de réduction des effectifs. C’est quelque chose qui me préoccupe car les citoyens français, ou européens, auront toujours besoin de se déplacer. puisque la question de la mobilité est une question prégnante, notamment hors des grandes agglomérations, où l’automobile reste le seul moyen de transport.
Je souhaite que le gouvernement puisse envisager sérieusement des pistes concrètes de réindustrialisation des sites historiques, comme Sochaux, Mulhouse, Aulnay, Rennes… Moi qui suis à Fougères, je pense évidemment aux partenaires fournisseurs de l’industrie automobile, nous sommes directement impactés. C’est pour cette raison que le gouvernement, avec les constructeurs, doit ouvrir des pistes concrètes de réindustrialisation des sites. Depuis plus d’une quarantaine d’années, l’histoire de ces sites industriels s’est enracinée dans leurs territoires respectifs. Lorsque le constructeur Citroën est venu s’installer en Bretagne, c’est parce qu’il y avait des opportunités avant tout liées à la qualité des ressources humaines, c’est-à-dire le courage des hommes et des femmes de Bretagne, leur tenue au travail, leur loyauté… Ces qualités humaines indéniables faisaient que les investisseurs de l’époque avaient tout intérêt à imaginer des projets industriels sur ces territoires. Depuis, c’est tout un maillage industriel que l’on a pu observer autour de ces villes moyennes. Sur mon bassin, nous avons 180 000 habitants, dont 20 000 emplois industriels, c’est-à-dire 40% des actifs…
Mardi dernier à l’Assemblée nationale, Arnaud Montebourg vous a répondu que tout ce que faisait Renault était très bien, alors que PSA se situait du côté des méchants… C’est ce qu’il a encore tenté de vous expliquer !