Un parlementaire demande une commission d’enquête sur la théorie du genre.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Xavier Breton, député UMP de l’Ain : «On est en train de nous préparer un flicage de la pensée et des discours.»

Xavier Breton, député UMP de l’Ain, vient de déposer une proposition de résolution demandant «une commission d’enquête sur l’introduction et la diffusion de la théorie du gender en France». Il vise ces programmes de recherche, très implantés aux États-Unis, qui étudient les rapports sociaux de sexe à tous les niveaux de la société. Xavier Breton réclame «un véritable état des lieux de la pénétration de cette théorie dans l’ensemble de notre pays: politique de la petite enfance, éducation, enseignement scolaire, enseignement supérieur, droits des femmes, droit de la famille, droit social, administration et justice». Il s’agit d’un sujet sensible, d’un véritable bouleversement de notre société, en complément au débat actuel sur le «mariage pour tous»


L’Hebdo-Bourseplus : D’abord, qu’est-ce que la théorie du genre ?

Xavier Breton : Le genre est un concept qui a été introduit dans des études nord-américaines, le gender, qui consiste à regarder, au-delà du sexe biologique, la part de la construction sociale. Cela consiste à dire : si c’est masculin, on va orienter vers tel ou tel type d’activités, ou telle ou telle fonction et, si c’est féminin, ce sera d’autres activités. Donc, il y a une partie des études de genre qui va dans le bon sens, puisque cela consiste à regarder les inégalités, ou les discriminations, qui peuvent exister entre les hommes et les femmes. Le problème, c’est que l’on passe à une idéologie qui nie la réalité corporelle en disant qu’il ne faut surtout pas qu’il y ait de prédétermination et on en arrive à des aberrations, comme le concept de crèche neutre qui existe en Europe du Nord, où l’on ne nomme pas les enfants par leur prénom, parce qu’un prénom c’est masculin ou féminin, et on retire les poupées aux petites filles et les camions aux petits garçons… On ne peut pas nier cette réalité corporelle et la théorie du genre trouve son apothéose avec le projet de mariage homosexuel, puisque cela consiste à dire qu’être père ou mère, c’est complètement interchangeable, ce qui compte c’est être parent. On atteint les limites de ce qui devient une idéologie, portée par le gouvernement actuel, et nous estimons qu’il faut débattre de cela. C’est pour cette raison que nous demandons la création d’une commission d’enquête afin de savoir comment cette idéologie est enseignée dans les universités et comment elle commence à l’être dans les lycées. Il faut un vrai débat et pas un passage en force, comme c’est le cas avec le mariage pour tous, mais aussi à travers cette idéologie.


Ne voit-on pas également apparaître l’influence de cette idéologie dans les feuilletons et les clips musicaux, avec des personnages dont on arrive difficilement à savoir si ce sont des hommes ou des femmes…

C’est une influence, mais il ne faut pas non plus se crisper : en matière artistique, il y a toujours eu des personnages qui étaient à la fois hommes et femmes. Ce qui est plus inquiétant, c’est lorsque l’on dit à des adolescents : «Ton corps est ce qu’il est, regarde ce que tu veux vraiment être… Si tu te sens femme, n’hésite pas à devenir femme…» On a même des préconisations qui consistent à dire que notre sexe de l’état civil ne serait pas masculin ou féminin, en fonction de la réalité de notre corps, mais en fonction du souhait que l’on a. Nous sommes donc dans un déni total du sexe biologique. On axe tout autour des différentes formes de sexualité, les orientations sexuelles sont ce qu’elles sont, les pratiques sexuelles sont ce qu’elles sont, mais il y a une donnée que l’on ne peut pas nier, c’est notre réalité corporelle. Il faut faire attention à celles et ceux qui, aujourd’hui, cherchent à effacer ce corps de notre législation, mais aussi de notre vie quotidienne. Par exemple, il y a une exposition qui va être faite dans le Nord, sponsorisée par le Conseil général du Nord, destinée aux enfants de trois à six ans, dont l’objectif est d’amener les enfants à dépasser leur déterminisme. Encore une fois, on est en train de prendre les enfants très tôt pour imposer cette idéologie. Je suis surpris lorsque j’entends un ministre dire qu’il faut changer les mentalités. Le rôle du politique, ce n’est pas de changer les mentalités et ce n’est pas de faire le bonheur des gens malgré eux… Il y a une idéologie totalitaire qui est en train de s’abattre sur notre pays et il faut vraiment que nous réagissions.

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