Un livre qui nous invite à croire à l’au-delà...
LITTÉRATURE
C’est un livre magnifique, celui du docteur Charbonnier sur la vie après la mort… Tous les témoignages de ceux qui ont connu la mort pendant quelques secondes, voire quelques minutes, se recoupent. Lorsque leur corps était dit cliniquement mort, ces gens ont eu le sentiment de s’élever, d’être toujours conscients et, surtout, de retrouver leurs proches dans un immense sentiment de bonheur… Cela fait des décennies que, dans le monde entier, les médecins et les psychologues reçoivent les mêmes confidences.
Le sujet est passionnant et nous avons souhaité interroger le docteur Charbonier sur son dernier livre : «Les 7 bonnes raisons de croire à l’au-delà». Jean-Jacques Charbonier est médecin anesthésiste-réanimateur depuis plus de 20 ans. Membre de la Société Française de Réanimation, conférencier, auteur de plusieurs ouvrages sur les états de conscience modifiée et les expériences de mort imminente, il a acquis au fil des années la certitude que la vie ne s’arrête pas au moment de la mort, mais se poursuit dans une dimension parfois perceptible.
Ces interrogations sur l’au-delà ont commencé lorsqu’il était à la fin de votre cycle d’études : à la suite d’un accident de voiture, quelqu’un est mort sous ses yeux et il a ressenti une impression étrange : «Si je n’avais pas vécu cette chose, je ne me serais pas lancé dans cette démarche. À la fin de mes études, je m’orientais plutôt vers une carrière de médecin généraliste. Je voulais faire du SAMU et, à l’occasion de cette expérience en SAMU, j’ai décidé de devenir médecin anesthésiste-réanimateur, spécialisé dans les comas. J’ai fait trois ans d’études supplémentaires, alors que je me destinais à être médecin de campagne. Concrètement, j’ai été confronté à un accident grave, je devais réanimer quelqu’un, mais c’était trop difficile. J’ai pénétré dans une voiture qui ne ressemblait même plus à une voiture, les pompiers avaient découpé la tôle pour me faire passer et, à l’intérieur, un jeune d’une vingtaine d’années était resté coincé. Il fallait rapidement le perfuser pour éviter que le cœur ne s’arrête. En effet, si l’on ne parvient pas à le perfuser, il y a un désamorçage de la pompe cardiaque et le cœur s’arrête. J’étais à quelques centimètres de son visage et c’était la première fois que je voyais quelqu’un partir de l’autre côté. Du fait de mon émotion, ou de mon inexpérience du moment, je ne suis pas parvenu à le perfuser et il est arrivé ce qui devait arriver : il est parti sous mes yeux… C’était quelque chose de très direct, on a du mal à trouver les mots. J’ai vu cette pupille qui se dilatait sous mes yeux, j’ai vu cette étincelle de vie qui partait, et j’ai surtout senti une présence qui partait du haut de son crâne et qui m’a frôlé le visage sur ma droite. C’était une présence joyeuse et vivante. Cela paraît absurde, on peut penser que je suis complètement fou de raconter cela. C’est une expérience personnelle qui n’a rien de scientifique, mais c’est à ce moment-là que j’ai compris que nous étions un esprit dans un corps, dans un véhicule terrestre, et que cet esprit quittait le corps au moment de la mort. À ce moment-là, j’ai repensé au livre de Raymond Moody, «La vie après la vie», et je me suis rappelé que les gens qui ont fait ce voyage dans l’au-delà disaient tous qu’ils quittaient leur corps, comme le ferait un esprit, par le haut de leur crâne, et qu’ils réincarnaient ensuite ce corps, comme une main dans un gant, en reprenant toutes leurs douleurs terrestres. C’est exactement ce que j’ai vécu en tant que témoin».
L’enquête et les témoignages permettent de constater qu’à partir du moment où la mort est enregistrée, la conscience quitte le corps. On continue de reconnaître ses proches et on retrouve ceux que l’on a aimés et qui sont morts, tout cela avec une grande sensation de bonheur : «On peut dire que c’est le début de l’après. Mais il y a aussi des expériences négatives, elles sont beaucoup plus rares, il n’y a pas de facteurs prédictifs pour savoir qui va faire une expérience négative. Même lorsque l’expérience est négative, les gens n’ont plus peur de mourir, car ils interprètent cela comme un avertissement de l’au-delà leur demandant de changer leur vie pour ne pas retrouver ce qu’ils ont connu de l’autre côté. Ils sont persuadés qu’en changeant leur vie - c’est-à-dire en donnant de l’amour aux autres et non pas en étant dans l’égoïsme et le matérialisme - il n’y aura plus cet après. Cela fait un peu manichéen, mais c’est une leçon tirée d’une expérience négative qui devient positive. C’est très interpellant, surtout quand on constate que ces gens sont capables de décrire en situation réelle ce qui se passe au moment où leur cerveau ne fonctionne plus. On a même l’impression que notre conscience est réduite par le filtre cérébral lorsque l’on est vivant. En effet, ces gens sont capables d’avoir une conscience élargie, comme si la conscience était beaucoup plus performante lorsque le cerveau s’éteint. Comment quelqu’un, sans cerveau fonctionnel, avec une activité électrique nulle - puisque dans les 15 secondes qui suivent l’arrêt cardiaque, l’activité électrique est nulle, on a une mort clinique - eh bien, ces personnes sont-elles capables d’avoir toujours autant de conscience... Elles sont capables de se déplacer dans le temps et dans l’espace, d’avoir des informations sur leur passé, de voir leur vie qui se déroule en accéléré, en ressentant tout le mal et tout le bien qu’elles ont fait aux autres, et aussi cette projection vers le futur pour donner des informations sur ce qui va se passer après l’expérience. Par exemple, un homme voit dans la lumière une scène de sa vie, il est à une fenêtre et il voit une femme et deux enfants qui marchent. Il ne connaît pas cette femme ni ces enfants… Or, quelques années plus tard, il se retrouve dans cette situation avec sa femme et ses deux filles ! Il a donc une projection dans le futur de ce qui allait lui arriver. Il y a beaucoup d’expériences très cognitives, c’est pour cette raison qu’il y a un parallèle à faire avec la médiumnité. Il y a une expérience médiumnique dans la mort provisoire, puisque ces gens voient des entités, des êtres décédés ou des guides spirituels qui viennent leur conseiller de revenir dans leur corps».
De récentes études démontrent que croire en l’existence de l’au-delà stimule les défenses immunitaires, améliore le pronostic des maladies liées au stress et augmente l’espérance de vie. Et si nous avions d’ores et déjà en notre possession suffisamment d’éléments rationnels et scientifiques pour pouvoir prétendre que l’au-delà existe ? Jean-Jacques Charbonier nous offre un merveilleux livre qui nous invite à croire et à aimer son prochain.
«Les 7 bonnes raisons de croire à l’au-delà» de Jean-Jacques Charbonnier est publié aux Editions Trédaniel.
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