La colère d’un élu rural contre la politique «ruralicide» de l’État.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Daniel Brochier, maire de Drom (Ain) : «On a vraiment l’impression que toutes ces contraintes sont destinées  à faire disparaître les petites structures.»

Daniel Brochier, maire de Drom, une commune de 205 habitants située dans le département de l’Ain, est furieux contre ce qu’il appelle la politique «ruralicide» de l’État. L’expression n’est pas de lui, mais de l’un de ses collègues de l’Ain et elle commence à être adoptée par de nombreux élus ruraux. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est la réforme des rythmes scolaires présentée par Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, car cette mesure aura pour effet de générer des charges supplémentaires pour les communes. Daniel Brochier répond à nos questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Vous estimez que les petites communes n’ont pas les moyens de répondre aux attentes du gouvernement dans le cadre de ce projet de réforme des rythmes scolaires et qu’elles sont donc plus pénalisées. Pour quelles raisons ?

Daniel Brochier : Les petites communes sont largement pénalisées puisque, dans le cas de ma commune, je n’ai pas d’autres personnels que la personne en charge de la cantine. Nous pourrions éventuellement élargir son horaire pour garder les enfants, mais il ne sera pas possible de lui confier des activités artistiques, culturelles ou sportives. Si l’on devait envisager de travailler avec une autre commune, nous devrions mettre en place un transport scolaire pour seulement trois quarts d’heure. Ce n’est évidemment pas pertinent. Je suis en contact avec l’Association des maires de France et l’Association des maires ruraux, qui sont nos porte-parole au niveau national. Ces associations sont parfaitement informées des problèmes que cela va engendrer dans toutes les communes. C’est une mesure «ruralicide» supplémentaire…


Ruralicide, cela illustre bien votre situation…

Ce mot n’est pas de moi. C’est un collègue, qui est aussi du département de l’Ain, qui a trouvé ce mot et on commence à l’utiliser de plus en plus. On a vraiment l’impression que toutes ces contraintes, que cette pression qui arrive d’en haut, les baisses de dotations, sont des mesures destinées à faire disparaître les petites structures.

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