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Pétrole : l’année 2013 risque d’être tendue.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Le recul (léger) actuellement constaté sur le prix du litre de gazole (80% des besoins des particuliers qui roulent en France) ne doit pas faire illusion. Même si le gaz de schiste progresse aux Etats-Unis et le charbon en Inde, en Chine, en allemagne au Royaume-Uni et en Espagne (entre autres), le pétrole “facile” se termine et les tarifs actuels sont susceptibles de flamber à tout moment.
Dans le pétrole, la donne va changer au cours des prochaines années. Depuis la fin de la première guerre mondiale, l’exploitation pétrolière s’est orientée, par facilité, pour la partie du monde hors Amérique du Nord, tout d’abord vers les pays du golfe arabo persique, l’Iran, et le Koweït étant laissés aux capitalistes britanniques, l’Arabie saoudite aux capitalistes américains, l’Irak étant partagé entre les Français et les Anglais. Les Russes, qui disposaient autour de la mer Caspienne de très gros gisements historiques, exploités depuis le temps des Tsars, qui sont toujours exploités mais pour leurs propres besoins. En Europe, il y avait quelques petits gisements en Alsace (Pechelbronn), dans les alentours du lac Balaton en Hongrie et, surtout en Roumanie, en Transylvanie, plus précisément. L’Europe importait du pétrole des Etats-Unis, jusqu’à la fin des années 1950.
Justement durant ces années 1950, et plus encore dans les années 1960, du pétrole et du gaz ont été découverts en Afrique du Nord (essentiellement en Algérie, en Lybie et en Égypte) et dans plusieurs autres pays africains notamment dans le sud du Nigeria, au Gabon, au Congo, dans l’enclave de Cabinda et en Angola. Les gisements mexicains et vénézuéliens pendant longtemps ont été la chasse gardée des entreprises nord américaines. À la fin des années 1960 au début des années 1970, il y a eu, aussi, la découverte de gisements importants de pétrole et davantage de gaz dans le sous-sol de la Mer du Nord. Cela a fait la fortune de la Norvège, a permis à l’Écosse de se développer ainsi que le Nord du Royaume-Uni. Il y avait du gaz également aux Pays-Bas. Une fois de plus, la France a été épargnée par cette « manne céleste ».
Les crises du passé.
Avec les tensions de plus en plus récurrentes sur la zone du Moyen-Orient, il y a eu deux crises importantes, deux poussées de l’or noir, en 1973 et 1974 d’abord puis, au moment de la révolution iranienne puis durant la guerre entre l’Iran et l’Irak, à la fin des années 1970 et au tout début des années 1980. À la fin des années 1980 au début des années 90, le prix du baril de pétrole a fortement reculé car le complexe militaro industriel soviétique s’est effondré, laissant la Russie avec d’immenses capacités d’exportation qui ont pesé sur le marché. La Russie est donc devenue, au fur et à mesure des investissements, particulièrement dans le grand nord sibérien, le premier producteur mondial à égalité avec l’Arabie saoudite dont les réserves restent un mystère, un secret bien mieux gardé encore que les archives du Vatican. Le pétrole, même s’il est substituable dans beaucoup de ses utilisations actuelles (notamment principalement dans les turbines qui fabriquent de l’électricité), reste indispensable à une économie moderne, aussi bien pour propulser des avions, des automobiles, et bien plus encore dans la chimie fine.
Outre les plastiques, le pétrole sert à la fabrication des engrais, des médicaments… Il est difficilement remplaçable même si, tout le monde le sait, le pétrole du futur sera de plus en plus compliqué et coûteux à exploiter, car il se trouve dans de très grandes profondeurs sous des épaisseurs marines impressionnantes comme le pétrole qui sera exploité d’ici à quelques années au large des côtes brésiliennes, par Petrobras à 3.000 mètres de profondeur, avec une couche exploitable qui nécessite de traverser une croûte saline de plus de 3.000 mètres aussi. Le pétrole restera donc cher et il est même possible que de futures tensions en augmentent encore son prix.