La dégradation de la note de la France aura des incidences pour les candidats à l’accession.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi : «L’accession populaire à la propriété pourrait disparaître purement et simplement.»

Cafpi est le leader du marché des courtiers en prêts immobiliers. Il est totalement indépendant, aucun groupe bancaire ne figurant dans son capital. Employant plus de 1200 personnes, Cafpi est présent, via ses 155 agences et succursales, dans toute la France et au Maroc. En 2011, Cafpi a réalisé 29 200 dossiers pour 5,26 milliards d’euros de crédits signés. Le métier de courtage en prêts immobiliers est en plein essor, puisque plus de 25% des crédits en France sont traités via un courtier. Grâce à ses volumes, Cafpi obtient des 110 banques partenaires avec lesquelles il travaille en permanence des conditions avantageuses dont il fait bénéficier directement ses clients. Philippe Taboret, directeur général adjoint de Cafpi, vient de publier une note d’analyse dans laquelle il estime que la dégradation de la note de la France aura des conséquences sur les taux d’intérêt. Il invite le gouvernement à prendre des mesures fortes pour inciter l’investissement dans le domaine du logement, car la situation est vraiment urgente. Nous l’avons contacté pour lui poser quelques questions.


L’Hebdo-Bourseplus : Dans une note, vous soulignez que la dégradation éventuelle de la note de la France pourrait avoir des incidences sur les taux d’intérêt. Quelle est votre analyse ?

Philippe Taboret : Il ne s’agit pas d’analyser la conjoncture à trois ou six mois, mais de regarder dans une direction plus lointaine : si les taux remontent, ne serait-ce que d’un point, cela va se cumuler avec des prêts tendus… En effet, on avait un peu oublié le risque que la France voie sa note souveraine abaissée. Certes, la lecture par les agences de notation de l’état de notre pays avait fait l’objet de débats vigoureux au cours de la campagne électorale. Une première agence internationale, Standard and Poor’s, avait considéré dès janvier de cette année que nos finances publiques étaient trop dégradées pour que nous restions au plus haut rang dans l’estime des investisseurs. La question pendante est celle des conséquences très pratiques sur l’économie réelle. Or, entre tous les secteurs, celui de l’immobilier est le plus concerné. La raison en est simple : 9 acquisitions sur 10 se font à crédit et la crainte d’un enchérissement du coût de l’argent pour les accédants à la propriété et les investisseurs est dans tous les esprits.

Oui, il faut dire que les taux d’intérêt vont remonter, sans pouvoir préciser quand ni dans quelles proportions. Il n’y a pas non plus à redouter qu’ils n’atteignent des niveaux insupportables : au delà de la note, comme à l’école, le commentaire compte. Moody’s, qui a sanctionné la France le 19 novembre, a reconnu néanmoins les efforts engagés pour restaurer la santé financière du pays et nous restons une valeur sûre. Quant à la troisième grande agence internationale, Fitch, elle vient de maintenir à notre pays le fameux triple A, mais en l’assortissant d’une perspective négative, sur les mêmes considérations.


Comment analysez-vous la baisse de production des crédits ?

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