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L’ancien ministre de l’Économie et des Finances dénonce le matraquage fiscal.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne : «Nous avons la palme dans le championnat du monde de la fiscalité !»
Jean Arthuis est sénateur de la Mayenne, président de l’Alliance centriste, membre de l’UDI et ancien ministre de l’Économie et des Finances. Egalement ancien président de la commission des Finances du Sénat, il dénonce le matraquage fiscal du gouvernement. Il estime que la France est devenue la championne du monde de la fiscalité et que, face à cela, il est indispensable d’aller vers davantage de fédéralisme européen. Il répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Que pensez-vous de l’affaire Depardieu ? A-t-on atteint un niveau de fiscalité qui est devenu insupportable pour une catégorie de la population ?
Jean Arthuis : C’est un fait, Monsieur Depardieu le fait avec son expression personnelle, tonitruante, mais il y a de nombreuses personnes qui quittent le territoire pour des raisons fiscales et qui le font beaucoup plus discrètement. Le Premier ministre se livre à un jugement en des termes que je trouve déplacés. La question que devrait se poser le Premier ministre, c’est de savoir si l’instauration d’une fiscalité avec un taux de 75%, qui, peut-être, a été un bon argument de campagne électorale pour Monsieur Hollande, n’est pas un élément franchement confiscatoire. Nous avons la palme dans le championnat du monde de la fiscalité !
Donc, il y a un moment où, fort malheureusement, les fortunes quittent le territoire et ceci est extrêmement préjudiciable. La vraie question que doit se poser le gouvernement, c’est de savoir quelle est la bonne politique à conduire. Bien sûr, pour équilibrer les comptes publics, il faut nécessairement accroître les prélèvements obligatoires, mais le vrai défi à relever est celui de la maîtrise de la dépense et de la réduction des dépenses publiques. J’entends qu’aujourd’hui on lance une mission de modernisation de l’action publique pour en réduire le montant, puisqu’il faut au minimum 50 milliards d’économies dans les cinq années qui viennent.
Cest un défi majeur. Les gouvernements précédents n’ont pas suffisamment assumé cela, le mandat de Nicolas Sarkozy est allé dans la facilité et la nécessité de réduire le déficit a été, à mes yeux, trop tardive. Toujours est-il que l’option fiscale du gouvernement n’est pas la bonne, car ce matraquage entraîne - on peut le déplorer, mais c’est un fait - un certain nombre d’exils fiscaux. C’est tout à fait préjudiciable.