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2013 sera encore l’année d’EADS.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
La “passe de trois” pour le titre EADS ? L’accord très récent sur la réorganisation du capital (sortie des fondateurs Daimler et Lagardère, Etats français, allemand et espagnol à moins de 30% du capital), le siège social unique à Toulouse, la “sortie du hangar”des tous nouveaux A350 XWB, la fin des soucis de l’A400M comme des A380... EADS est en train de devenir une “entreprise ordinaire”,même si c’est une “réussite extraordinaire”.
L’action EADS fut l’exception de 2011 et la confirmation de 2012, la hausse devrait être encore au rendez-vous en 2013. Depuis trois ans, le titre EADS connaît un véritable renouveau, côtoyant ses plus hauts historiques, connus avant les problèmes de l’A380. Les actionnaires ont pu recouvrer leur mise et ils peuvent espérer sortir dans une meilleure situation, le temps ayant pansé de larges plaies ouvertes lors de la vente d’une tranche de 7,5% du capital par Lagardère, qui, avait bien valorisé sa sortie, se retrouvant, ultérieurement au sein d’une vraie polémique, sous l’accusation de « délit d’initié ».
Arnaud Lagardère avait déclaré préférer « passer pour un imbécile plutôt que pour un homme malhonnête », l’AMF l’a certifié comme honnête, la conclusion s’impose donc ! Il est, à l’heure actuelle, président du conseil d’administration de la société EADS, il n’assiste pas à la plupart des conseils car son groupe désire sortir du capital, et céder, très prochainement, les 7,5% qu’il détient encore.
Serrage des boulons et croissance.
En attendant, de 2007 à 2012, la croissance de l’activité du numéro un européen et vraisemblablement mondial de l’industrie aéronautique, spatiale et de la Défense, n’a cessé d’augmenter avec un résultat opérationnel passant d’une perte de 380 millions d’euros en 2009 à un bénéfice qui sera supérieur à 2 milliards d’euros en 2012. C’est l’explication, certainement, d’exceptions haussières dans un marché baissier en 2011 se poursuivant en 2012 avec une nouvelle augmentation de presque un quart de la valorisation du titre malgré les péripéties liées au projet avorté de fusion avec le groupe britannique BAE Systems. L’action frôle les 30 euros. Il y a très peu d’années, elle se trouvait en dessous des 10 euros. Pour le grand public, EADS c’est Airbus en priorité. La commande de la compagnie turque Pegasus, qui ajoute 75 appareils supplémentaires de la famille des A320 remotorisés (A320 et A321 neo) au carnet de commandes, qui était déjà très conséquent en fin d’année 2011, va générer davantage de commandes en 2012 par rapport aux livraisons du groupe et ce pour la sixième année consécutive.
La société EADS est propriétaire de 50% de ATR, qui connait, aussi, un grand succès et qui vient de vendre encore 7 ATR 72-600 à une compagnie de location. Il y a, également, Eurocopter, qui est l’entreprise numéro un mondial dans la fabrication des hélicoptères civils et militaires et qui enregistre des commandes très importantes. Enfin, il y a le spatiale, pour la fabrication des éléments destinés à la fusée Ariane et aux divers satellites qui se vendent parfaitement bien. Le grand public ne considère pas, à tort, EADS comme une entreprise diversifiée. L’année 2011 a permis de constater que les diversifications, au-delà d’Airbus, étaient devenues très rentables, apportant plus d’1 milliard d’euros au résultat opérationnel alors qu’il y a quelques années, elles se trouvaient tout juste à l’équilibre. L’année 2012 a été l’occasion d’un grand coup de torchon dans la branche militaire, avec la réorganisation de Cassidian, la mise au point définitive de l’avion de transport militaire A400 M, qui avait connu beaucoup de retard à cause de la difficulté à réaliser un moteur à partir d’une base zéro pour rester indépendant face aux différents fournisseurs nord-américains.