Activités périscolaires : la colère des élus locaux.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Michel Lorentz, maire de Roeschwoog (Bas-Rhin) : «L’État se décharge encore une fois sur les collectivités locales.»

C’est la dernière idée du ministère de l’Éducation nationale : alléger les journées d’école et confier aux maires l’organisation d’activités sportives et culturelles. Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires, or sa mise en oeuvre n’est pas sans poser de problèmes car ces trois heures annoncées par le gouvernement seront évidemment à la charge des communes… Cela ne devrait pas trop grever le budget des grandes villes, mais les petites communes ne disposent évidemment pas des fonds nécessaires pour assumer cette nouvelle charge. Michel Lorentz est maire de Roeschwoog, une commune de 2150 habitants située dans le Bas-Rhin. Il ne cache pas sa colère face à cette nouvelle annonce gouvernementale.


L’Hebdo-Bourseplus : Pour quelles raisons êtes-vous furieux de cette récente annonce du gouvernement sur la mise en place d’activités périscolaires à la charge des communes ?

Michel Lorentz : D’abord, je dénonce le cafouillage de l’État, car on ne sait même pas ce qui va se passer, puisque depuis quelques semaines nous n’avons aucune information ! J’ai demandé des précisions à l’Association des maires, ils n’ont aucune information... J’ai demandé des informations au Préfet, il ne m’a pas répondu non plus… Donc, on est dans le flou total, alors que c’est une mesure qui doit être mise en place à la rentrée prochaine ! C’est plus que problématique. Sur le fond, j’observe que l’État se décharge encore une fois sur les collectivités locales pour organiser ce qui relève pourtant de sa mission.

On nous annonce qu’il y aura de l’argent, mais je ne suis pas crédule, plus personne ne croit à l’idée qu’il y aura des transferts de charges vers les collectivités locales. Il y aura sans doute quelques milliers d’euros, mais cela ne correspondra pas du tout à la réalité des besoins. Cela représente un coût important d’assurer la garde des enfants après les classes. Je n’ai pas pu encore évaluer le montant nécessaire, pour la simple et bonne raison que l’on ne sait même pas les règles que l’on va nous imposer. Aujourd’hui, vous avez un professeur pour 30 élèves, mais quand vous faites du périscolaire, il faut un adulte pour 14 enfants… L’Éducation nationale ne respecte absolument pas cette règle, puisqu’ils ont un adulte jusqu’à 32 ou 33 enfants ! Si l’on doit respecter les règles qui sont en vigueur pour le périscolaire - j’ai 250 enfants dans la commune - il me faudra une vingtaine d’adultes, ce qui est une aberration. Le coût sera alors énorme pour la collectivité et pour les parents.

Après, sur le plan technique, nous n’avons pas de gymnase dans la commune : comment voulez-vous que je m’occupe des enfants trois heures par semaine ? Nous devons les mettre dans un bâtiment couvert au moins entre octobre et mars… Comment allons-nous les transporter jusqu’au centre sportif le plus proche, qui va déjà être assailli par les enfants de la ville en question ? A nouveau, c’est une mesure pensée dans les cabinets parisiens et qui ne tient absolument pas la route lorsqu’elle est confrontée au terrain.

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