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Le consentement à l’impôt de plus en plus fragilisé en France.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Olivier Carré, député UMP du Loiret : «C’est le consentement à payer l’impôt que l’on est en train d’altérer.»
Olivier Carré est député UMP du Loiret et membre de la Commission des finances de l’Assemblée Nationale. Il vient de pousser un coup de gueule contre le gouvernement lors de la séance de questions orales, car Jean-Marc Ayrault annonce une nouvelle fois des milliards de débours supplémentaires sans remettre en cause le poids de la dépense publique... Olivier Carré répond aux questions de L’Hebdo-Bourseplus. Il estime que l’on atteint une limite très grave avec la hausse permanente de la fiscalité car c’est ainsi le consentement à l’impôt qui commence à être impacté.
L’Hebdo-Bourseplus : Que pensez-vous de l’initiative de Bernard Accoyer, qui organise un vote auprès des parlementaires afin de savoir s’il faut organiser, ou non, une nouvelle élection à la présidence de l’UMP ?
Olivier Carré : Tout ce qui peut contribuer à éclaircir la situation va dans le bon sens. Ceci dit, il vaut mieux se concentrer sur l’actualité et la situation de notre pays. Aujourd’hui, en dehors des procédures internes, il faut vraiment se tourner sur la construction d’une alternance. C’est ce qui m’occupe, plus que tout autre chose. Les récentes élections ont montré que les psychodrames internes n’altéraient pas le fait que les Français veulent sanctionner la politique du gouvernement, tout en continuant d’apporter leur confiance au principal parti d’opposition et pas à d’autres mouvements. C’est une raison supplémentaire pour que l’on se dise que les Français attendent de nous que l’on prenne nos responsabilités. Nous devons arriver à cela pour trouver un chemin afin de sortir notre pays de l’ornière.
Vous venez de pousser un coup de gueule à l’Assemblée nationale à propos des 30 milliards de dépenses supplémentaires du gouvernement Ayrault : finalement, cette lisibilité que l’on percevait mal au début du quinquennat, devient de plus en plus claire, c’est toujours l’augmentation des impôts !
C’est très simple et très lisible : tout pour les impôts, en évitant de toucher au véritable sujet qui est aujourd’hui celui de la dépense publique. Il ne faut pas aborder la question de la dépense publique d’une manière dogmatique, mais mettre en perspective la manière dont ces dépenses ont été dispensées tout au long de la deuxième moitié du XXème siècle. Au lendemain de la guerre, on est parti sur une conception industrielle, sur une conception de masse de l’économie française, une conception aussi démographique parce qu’il fallait reconstituer des forces. Tous ces éléments étaient peut-être valables il y a cinquante ans. Mais, aujourd’hui, le monde a complètement changé et il ne se satisfait plus d’avoir un peu plus de la moitié du PIB de notre pays qui soit gagé par la dépense publique sans qu’il y ait de véritable gestion derrière. On vient de le voir avec les dernières annonces sur le RSA. Je n’ai rien entendu sur la manière de traiter les personnes qui sont réellement sur le bord du chemin. On leur donne un peu plus de moyens, c’est toujours bien pour elles, bien entendu, mais ce n’est pas sujet. Le sujet, c’est de savoir comment les remettre dans une activité, pour celles qui le peuvent. Je gère un office HLM dans ma ville, nous faisons beaucoup de choses, nous faisons des contrats d’insertion à tous les niveaux et nous faisons reculer la part des personnes en situation de précarité. Je constate que sur le fond, les gens font souvent preuve de bonne volonté, c’est ce chemin qu’il faut employer. C’est loin d’être une question de minima, c’est surtout une question de considération et de rapport avec le travail et, finalement, de dignité des personnes.