2013 : la stratégie à mener.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
La “guerre économique” fera rage en 2013 encore. Quelle stratégie mener face aux bandits de la finance, à l’Europe allemande qui revient (et oui !) et aux diverses émergences ? Nous explorons quelques pistes afin de vous aider à y voir plus clair dans ces temps agités.
Récemment, la Grèce a annoncé avoir réduit de 40% son déficit budgétaire pour les onze premiers mois de 2012 par rapport à ceux de 2011. À cette occasion, la Grèce, État en quasi faillite, qui vient de faire un défaut partiel sur sa dette, a annoncé dégager un excédent budgétaire, avant paiement des intérêts, nommé techniquement « un excédent primaire », dès 2013 pendant qu’en France c’est hors de question étant donné que notre pays va avoir un déficit compris entre 20 et 30 milliards d’euros, au minimum, soit entre 1 et 1,5% du PIB, hors intérêts de la dette. Pour le moment, les bandits de la finance, rebaptisés par moi-même, en 2003, « banksters » et qui portent mieux que jamais ce surnom presque dix ans plus tard, jouent plutôt en faveur de la dette française car, en juin et juillet 2012, ils se sont fait étrillés par la Banque Nationale Suisse, l’Agence France Trésor, et ont été obligés de racheter leurs positions en catastrophe avec de fortes pertes, ce qui les a séchés pendant quelques mois au moins.
Néanmoins, il ne faut pas se faire d’illusions pour autant car le crime et la fraude sont toujours aussi présents à l’heure actuelle qu’auparavant aussi bien au niveau du blanchiment de l’argent de la drogue (HSBC vient de payer une amende de 1,92 milliards $ au Trésor US à ce titre) qu’au niveau de la machine infernale des fraudes diverses (pas moins de 25 cadres de la Deutsche Bank sont sur la sellette, 5 en prison). On en a parlé naguère avec les « subprimes » : la finance obscure, celle qui est cachée n’a plus rien à voir avec l’économie normale. Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor, (l’équivalent de notre ministre des Finances) va passer la main début 2013, après avoir arrangé, nous l’espérons du moins, le débat budgétaire entre la majorité des démocrates du Sénat et la majorité républicaine de la Chambre américaine des Représentants. Ce qui est certain c’est qu’il va partir sur un bilan d’incompétences, sur un échec cruel qui a laissé le « bankstérisme », la fraude, la falsification toujours aussi intacts en Amérique du Nord.
Un “savoir frauder” qui reste intact.
Il y a eu l’éclatement de la bulle immobilière (les prix ont baissé de plus de moitié, en moyenne, en six années), avec des ménages américains piégés par des prêts prédateurs. Prêts qui ont été accordés uniquement dans l’espoir d’une forte remontée des prix ce qui a fait que les propriétaires se sont trouvés dans l’impossibilité de régler les agios, les annuités, croissantes de surcroît et établies en toute connaissance de cause par les banques. Aux Etats-Unis, il y a plus de 20 millions de personnes concernées, 11 millions de procédures, quatre millions, environ, de ménages qui ont perdu leur foyer. Les banques et les prêteurs, les tenanciers de prêts, via les fonds de titrisation, ont récupéré par falsification de documents et via des hypothèques, dans beaucoup de cas, des sommes qu’ils n’auraient jamais pu récupérer légalement. Durant les années d’euphorie financière, les institutions prêteuses ont revendu les prêts hypothécaires sous forme de produits financiers (la fameuse titrisation), avec un système informatisé qui enregistre toutes ces transactions par milliers, dizaines, centaines de milliers, de ventes et d’achats. Ces dizaines de tonnes d’hypothèques frauduleuses, produites avec des documents ne donnant aucun détail ni sur l’hypothèque ni sur l’emprunteur, ont été revendues aux investisseurs. Le but était simple, il fallait que les acheteurs des produits financiers ne puissent évaluer la qualité réelle.
Avec la crise, les prêteurs ont cherché à récupérer les biens des propriétaires qui étaient incapables d’honorer leurs échéances de prêt, souvent à annuités progressives comme déjà souligné dans l’étude, mais la chaîne de propriété a été très délicate à reconstituer, faute, la plupart du temps, de documents originaux. Enormément d’établissements financiers ont contourné l’obstacle en fabriquant carrément de faux documents. La presse américaine révèle de nombreux cas de réclamations de plusieurs banques sur le même bien, des saisies sur des maisons qui ont été financées et dont les emprunteurs ont assuré, rubis sur l’ongle, leurs échéances. Afin d’éviter tout problème aux banques, Geithner, secrétaire américain au Trésor a laissé faire, leur permettant de ruiner les pauvres emprunteurs qui n’étaient pas tous de bonne foi certes, sachant qu’ils n’avaient pas vraiment les moyens de payer mais ils spéculaient, c’est humain, sur une montée de l’immobilier leur permettant de rembourser leur prêt tout en empochant, de surcroît, une plus-value. C’est exactement le même mécanisme qui a généré la spirale infernale espagnole avec la construction, sur plans, d’importants programmes immobiliers, des villes entières, sans aucun acheteur en face parfois.
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