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Sécu : comment faire mieux.
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Cela faisait longtemps que le débat sur la sécurité sociale n’avait pas été rouvert. Pourtant c’est toujours un problème financier et cette question essentielle mérite d’être posée : peut-on faire mieux ? Le docteur Patrick de Casanove vient de publier ses «propositions d’un médecin de famille» afin d’insuffler un peu plus de liberté dans ce mécanisme complexe. Le livre est intéressant à plus d’un titre.
Il ne s’agit pas d’un ouvrage technique destiné aux spécialistes, mais il s’adresse au grand public et explique aux lecteurs qu’une autre voie est possible. On a coutume de dire que le monde observe avec convoitise notre sécurité sociale à la française… Or, Patrick de Casanove répond avec ironie : «Les hommes politiques répètent que la planète entière envie notre système de protection sociale, mais en réalité personne ne nous l’a copié ! Cette sécurité sociale, de par son mode de financement et de fonctionnement, est une structure qui fournit un service de moins en moins performant. Les cotisations augmentent sans cesse et les remboursements diminuent sans cesse. Il existe toujours en France un système de soins performant, mais la sécurité sociale est de moins en moins performante».
Force est de constater que le dispositif n’est plus ce qu’il était il y a 30 ou 40 ans : «Il ne faut pas oublier que le but de la sécurité sociale est de soigner les gens. Un système qui prend de plus en plus de cotisations et qui rembourse de moins en moins de soins est un système qui fait qu’au bout du compte, de moins en moins de gens peuvent en bénéficier, notamment en raison des déremboursements».
Ainsi, cette fameuse sécurité sociale laisse à désirer. Alors, comment peut-on arriver, dans un pays moderne, à avoir un système qui permette à tout à chacun de bénéficier de soins de qualité, mais surtout des soins dont il a besoin ? Partant de là, on est évidemment obligé d’ouvrir le débat sur la mise en concurrence de la sécurité sociale : «La sécurité sociale ne s’équilibre pas, parce qu’elle est monolithique et étatisée. Il n’y a pas de concurrence et les individus ne sont pas réellement responsables. Les sommes sont prélevées sous la forme de charges sociales, salariales et patronales, mais ce sont des richesses qui appartiennent aux gens et c’est un abus de langage que de les appeler «charges patronales» puisque le patron pourrait très bien les restituer à son salarié».
Le docteur Patrick de Casanove estime que «nous sommes dans un système de déresponsabilisation, parce que les personnes ne savent pas vraiment combien on leur prend. Elles ne peuvent pas choisir leur prestataire de services alors que dans un système de libre choix, on peut avoir plusieurs prestations d’assurance à sa disposition afin de choisir celle qui corresponde le mieux à son besoin. Si l’assurance décide de diminuer les prestations ou d’augmenter les cotisations, l’assuré a le libre choix de changer d’assurance, ce qui n’est pas le cas avec la sécurité sociale. On nous demande sans cesse de réduire les dépenses de santé, or cette demande ne vient que parce que ces dépenses sont liées à un monopole d’État. L’État ne crée aucune richesse, il prend de l’argent à des individus qui ont produit une richesse et il va redistribuer cet argent à qui bon lui semble. Malheureusement, ce que prélève l’État est nécessairement limité, puisqu’au bout d’un certain temps, quand il n’y a plus rien à prélever, le système s’effondre. C’est une course sans fin».
L’auteur prend l’exemple de l’assurance «responsabilité civile» du chef de famille, qui est obligatoire : «Elle couvre une variété de risques et les Français arrivent parfaitement à s’assurer. Donc, il n’y a pas de raison particulière pour que les Français ne puissent pas s’assurer si on leur propose un système d’assurance concurrentiel, à condition, bien entendu, que l’État leur rende les moyens de s’assurer».