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Les centristes sont-ils les gagnants de la crise qui sévit à l’UMP ?
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loir et porte-parole de l’UDI : «On a toujours expliqué que le parti unique était quelque chose qui ne marcherait pas.»
La crise à l’UMP profite aux centristes. En effet, dans plusieurs fédérations UMP, certains cadres envisagent de rejoindre l’UDI, en raison du spectacle affligeant offert par leur formation. Pour le moment, le phénomène reste quand même assez marginal. Tandis que les élus UMP se succèdent sur les plateaux de télévision pour régler des comptes, les députés UDI continuent de travailler à l’Assemblée nationale. Philippe Vigier, député d’Eure-et-Loir, est le porte-parole de la formation de Jean-Louis Borloo.
L’Hebdo-Bourseplus : Avec la crise de l’UMP, l’UDI est-elle en train de se repositionner comme la nouvelle UDF ?
Philippe Vigier : On ne peut pas refaire les choses qui existaient il y a quelques années. Pour autant, on a toujours expliqué que le parti unique, l’UMP, qui devait rassembler les libéraux, les centristes, les gaullistes, était quelque chose qui ne marcherait pas. Nous en avons la démonstration sous nos yeux, pas simplement pour des problèmes de personnes, mais aussi pour des problèmes de ligne politique. Parallèlement, ce qui était l’UDF s’est déchiqueté année après année. On a vu de nombreuses chapelles et nous avons décidé d’y mettre un terme. Nous pensions que nous étions capables de nous retrouver afin de tourner le dos à nos divisions, pour être capables d’apporter les réponses dont le pays a besoin. Pour apporter ces réponses, il faut naturellement se structurer, c’est ce que nous faisons avec les centristes, les démocrates sociaux, les radicaux, les libéraux et les écologistes aussi. Ce sont des femmes et des hommes qui ont un certain nombre de valeurs communes et qui souhaitent travailler ensemble pour être capables d’être une opposition constructive, mais surtout capables de porter un projet politique alternatif pour les élections de 2017.
Vous avez inclus les libéraux dans votre famille politique. Allez-vous réellement leur laisser une place ?
Oui, mais pas au nom de la liberté dévergondée... Nous sommes attachés aux libertés, c’est-à-dire la liberté individuelle ou la liberté de circuler… La liberté de circuler tranquillement dans les rues est liée directement à la notion de sécurité. Je pense aussi à la liberté d’entreprendre. La liberté implique également de ne pas figurer dans tous les fichiers informatiques de la terre. Ce n’est pas un gros mot, celui de liberté, simplement elle doit être encadrée par le respect d’un certain nombre de règles. Donc, les libéraux sont les bienvenus parmi nous, mais le monde de 2012 n’est pas celui de 1981 et de «la bande à Léo». Ce n’est plus du tout cela. Le monde a basculé, la mondialisation est en train de passer dans tous les pays. Donc, soit on s’adapte, soit on est décroché…