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Le malentendu islamo-chrétien
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
On ne peut pas comprendre l’islam sans prendre le temps de s’interroger sur ses origines. Il est facile de placer l’islam chronologiquement après le judaïsme et le christianisme, pour englober les trois religions abrahamiques. Or, les travaux du Père Edouard-Marie Gallez démontrent que «l’islam s’enracine dans le judaïsme et le christianisme non pas directement, mais à travers les dérives de cercles judéo-chrétiens qui avaient transformé le messianisme biblique en idéologie de salut».
Pour mener ses travaux, le Père Gallez a tissé des liens étroits avec les églises d’Orient - les Chaldéens et les Coptes, notamment - qui connaissent bien mieux que l’église latine les subtilités de l’islam. Les recherches démontrent que l’islam est issu des groupes sectaires datant du premier siècle et que son aboutissement s’est traduit par l’endoctrinement des peuples arabes. Le père Edouard-Marie Gallez est membre de la Congrégation Saint-Jean, il est docteur en théologie et histoire des religions de l’Université de Strasbourg.
Dans son dernier ouvrage, intitulé «Le malentendu islamo-chrétien», il souligne que les chrétiens d’Occident ne découvrent qu’aujourd’hui «l’enracinement de l’islam dans une dérive première de la foi chrétienne, remontant à la fin du Ier siècle : celle des Nazaréens. Les recherches récentes rejoignent les conclusions des traditions chrétiennes orientales. Ainsi, des progrès décisifs ont été accomplis dans la compréhension du texte coranique et des manipulations qu’il a subies».
En effet, nous explique-t-il, «il faut remonter au premier siècle. Je dis bien au premier siècle et non pas au VIIème siècle, car on fait remonter l’islam au VIIème siècle, ce qui est erroné. L’islam, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est du IXème siècle. Il y a eu des phases successives d’élaboration et, à l’époque de Mahomet, qui ne s’est jamais dit prophète et n’a jamais prétendu fonder quelque chose de nouveau, nous sommes simplement dans la continuation d’un mouvement qui existe depuis déjà six siècles !»
Pourtant, selon le calendrier musulman, nous sommes en 1400, donc l’islam commence au VIème siècle… Eh bien non, «c’est ce que les califes ont inventé pour occulter leurs véritables origines. C’est tout le discours islamique qui s’est mis au point petit à petit et c’est la raison pour laquelle la biographie de base de Mahomet date de deux siècles après les faits supposés. Vous pensez bien qu’en deux siècles, on a eu le temps d’élaborer tout ce que l’on voulait et systématiquement, sous peine de mort, tous les documents antérieurs ont été détruits. Cette attitude de destruction de tout ce qui ne va pas dans le sens du dogme officiel continue aujourd’hui. En plus, on fabrique des fausses preuves, on fabrique des pseudo inscriptions près de la Mecque pour faire penser que l’écriture du Coran a été utilisée dans cette région, alors que tout le monde sait que c’est faux. On va jusqu’à créer de fausses inscriptions anciennes autour de La Mecque aujourd’hui, sous l’autorité des responsables saoudiens bien entendu».
Ses travaux nous permettent de nous rendre compte d’une erreur que nous commettons fréquemment : celle qui consiste à considérer l’islam comme une autre religion, mais parallèle à la religion catholique et qui, simplement, se déclinerait autrement… L’auteur de cet ouvrage reconnaît que «c’est une facilité de penser que c’est une autre religion. En disant cela, on sous-entend que Mahomet en est l’auteur et on entre dans la légende islamique. En réalité, Mahomet a été un chef de guerre, un bon propagandiste, mais stricto sensu il n’est pour rien dans l’avènement de l’islam tel qu’on le connaît aujourd’hui. Même son nom dans le Coran est manifestement un ajout. Il apparaît quatre fois et demie, puisque la cinquième fois il y a une espèce d’abréviation supposée le désigner. Jusqu’au cours du VIIIème siècle, les musulmans s’appelaient Muhajiroun, ceux qui ont fait l’Hégire, ils ont employé un mot qui se trouvait dans le Coran pour désigner leur mouvement. Mais dans le Coran, ces mots n’ont absolument pas le sens qu’on leur donne aujourd’hui, ils signifient tout simplement soumission à Dieu et les soumis».