Le président de la Commission des Finances du Sénat veut empêcher les géants de l’Internet d’échapper à la fiscalité française.

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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Philippe Marini :   « Pour un État comme le nôtre, cela représente un manque à gagner de près d’un milliard d’euros par an. »

Philippe Marini est maire de Compiègne, sénateur UMP de l’Oise et président de la Commission des Finances du Sénat. Dans l’entretien exclusif qu’il vient de nous accorder, il commente l’actualité politique et nous explique les raisons de son combat très médiatique pour faire taxer les géants de l’Internet. En effet, ces grandes sociétés captent une part croissante de la richesse nationale, alors qu’elles sont basées dans des pays qui ont une fiscalité très faible comme l’Irlande ou le Luxembourg. Philippe Marini n’a pas l’habitude de manier la langue de bois, il le démontre une nouvelle fois…


L’Hebdo-Bourseplus : Comment analysez-vous la baisse extrêmement rapide de la cote de popularité de François Hollande et de Jean-Marc Ayrault ?

Philippe Marini : C’est rapide, mais cette rapidité est à la mesure de la déception de ceux qui ont pris pour argent comptant ce que l’on avait la faiblesse, ou l’impudence, de leur promettre. Donc, ne soyons pas surpris de voir que le peuple de gauche, comme on l’appelait il y a déjà un certain temps, manifeste sa déception.


Il manifeste aussi sa déception parce qu’il voit sa fiche de paie fondre depuis la réforme des heures supplémentaires…

Il y a tout un effort de communication pour prouver à l’opinion que ceux qui sont le plus mis à contribution seraient les titulaires des revenus les plus élevés ou les possesseurs des patrimoines les plus importants. Or, ce n’est pas exactement ce que l’on peut observer. La politique de la gauche est sévère pour toutes les catégories sociales, notamment pour certaines qui ne s’y attendaient pas. Par idéologie, on a commencé par défaire des dispositifs mis en place par l’ancienne majorité et, parmi ces dispositifs, les exonérations portant sur les heures supplémentaires. J’avais cité des exemples à la tribune du Sénat, comme le transport routier, l’hôtellerie ou la restauration : dans de telles branches d’activités, l’importance des heures supplémentaires dans les rémunérations est telle que le pouvoir d’achat est assez fortement atteint par la mesure qui a été prise en juillet dernier. Nier l’évidence ne sert à rien ! Lorsque nous avons dénoncé les effets plus que probables de cette mesure, nous n’avons eu strictement aucun écho.

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