Jean Robin publie "Le Livre noir de la gauche"
LITTÉRATURE
Jean Robin est journaliste et éditeur, il a fondé sa maison d’édition, Tatamis, et un site d’information en ligne, Enquête et Débats. Son nouvel ouvrage, intitulé «Le Livre noir de la gauche», va certainement faire beaucoup de bruit. L’auteur se montre sans langue de bois puisqu’il accuse la gauche d’être colonialiste, antisémite, collaborationniste, pédophile et affairiste… En réalité, il s’agit d’une compilation de faits à partir de 500 sources différentes.
Jean Robin nous explique : «La gauche est un camp politique bien identifié, qui est certes pluriel, on dit cela depuis Jospin, mais cela a toujours été le cas. Mon livre se penche sur les 200 dernières années, il y a quand même un passé, pour ne pas dire un passif, de la gauche et, bizarrement, je me suis rendu compte que personne n’en parlait, notamment chez ceux qui se prétendent à droite, ils ont un complexe et il faut toujours montrer patte blanche à la gauche. Je me suis demandé pourquoi ce camp politique a un tel ascendant moral, alors qu’il a créé les pires horreurs actuelles. Les trois totalitarismes - fascisme, communisme et national-socialisme - sont de gauche ! La gauche est très forte en termes de marketing puisqu’elle a su faire croire que c’était de droite, voire d’extrême droite. C’est une technique communiste de traiter son ennemi de fasciste ou d’extrême droite. C’est la diabolisation. Je remets les pendules à l’heure en disant que le national-socialisme - on ne peut pas être plus clair - c’est de gauche. Hitler était très proche de Karl Marx, il disait clairement qu’il avait mieux mis en place Marx que Lénine…»
D’ailleurs, l’extrême-droite n’a-t-elle pas tendance à se rapprocher de la gauche, puisqu’elle n’est pas libérale et se montre plutôt socialiste dans son programme ? Réponse de Jean Robin : «Nous sommes dans une France qui est sans doute l’un des derniers pays communistes au monde, sans la dictature du prolétariat comme en Corée du Nord, mais le Front National a basculé à gauche et il est devenu national et socialiste. Ce n’est pas infamant d’accoler ces deux termes, ils défendent à la fois la Nation et le socialisme, par exemple j’entends Marine Le Pen parler d’un État fort et elle défend les fonctionnaires… Le Front National actuel est exactement sur les positions du Parti communiste à la fin des années 70. On a oublié que le Parti communiste était contre l’immigration ou contre l’avortement…»
Le livre de Jean Robin va évidemment provoquer, choquer ou faire plaisir, mais il ne laissera personne indifférent : «Je parle par exemple de François Mitterrand et de Léon Blum pour les erreurs énormes qu’ils ont commises tout au long de leur carrière politique. Ce sont deux personnages qui n’ont jamais travaillé en usine, mais qui se réclamaient de la gauche. Des gens comme Léon Blum ont laissé monter Hitler tout en disant, en 1933, qu’il fallait désarmer. En 1936, De Gaulle est venu le voir en lui demandant de développer la construction de chars et il a refusé. Ces gens ont préféré faire de l’électoralisme avec le Front Populaire et les congés payés, plutôt que d’armer le pays contre la menace totalitaire. Ils sont donc coupables directement de l’Occupation et en partie de la Shoah. J’ai été visiter le camp de Buchenwald, où une partie de ma famille a été déportée, et vous trouvez la cellule de Léon Blum, c’est quand même l’ironie de l’histoire…»
Jean Robin évoque cette complicité entre la gauche et l’extrême-droite : «L’historien israélien Simon Epstein a très bien étudié cette question et il a observé que de très nombreux antiracistes, avant la guerre, qui militaient à la LICA, l’ancêtre de la LICRA, sont devenus collabos et antisémites sous l’Occupation. Plus récemment, on peut voir comment la gauche a instrumentalisé l’extrême droite pour diviser la droite. C’est un fait été reconnu par des gens comme Roland Dumas, qui ont reconnu cela très cyniquement au nom de la tactique électorale. Aujourd’hui, ils veulent culpabiliser la droite… Nous avons vraiment la droite la plus bête, puisqu’elle se laisse faire. J’apporte des arguments concrets et factuels pour que la droite redevienne la droite, parce qu’aujourd’hui elle est plus de gauche que de droite ! Sur le plan moral et sociétal, il faut reconnaître que c’est la droite qui a voté la loi sur l’avortement, c’est la droite qui a voté le regroupement familial et elle ne défait jamais ce que la gauche a fait».
Jean Robin insiste sur la stratégie de la gauche : «Ce sont des gens très sûrs d’eux et ils ont une stratégie politique qui est claire. C’est le socialisme qui paupérise les peuples depuis une centaine d’années, alors que ceux qui développent le capitalisme, c’est le contraire… Aujourd’hui, c’est la gauche qui a toujours tendance à aller toujours plus fort vers l’anti libéralisme, même si la droite va souvent dans son sens. Du coup, le libéralisme est orphelin dans notre pays et la France se retrouve isolée au sein de l’Europe. On diabolise le libéralisme, alors que c’est ce qui permettrait à notre pays d’être beaucoup plus fort. Aujourd’hui, on ne peut pas se dire patriote et être dans le même temps antilibéral, c’est totalement contradictoire. Même un patriote comme Éric Zemmour se plante complètement sur le plan économique. On le présente souvent comme quelqu’un de droite, mais il a fait une leçon de marxisme à Marie-George Buffet en 2007 sur le plateau de «On n’est pas couché» !»
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