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Les équipementiers automobiles passent la crise au sec.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Aux Etats-Unis, la crise de 2007 à 2010 fut sévère et amena une restructuration forte, deux faillites, des fermetures d’usines,une concentration et un changement des habitudes d’achat dans l’automobile. En Europe, des primes diverses ont empêché constructeurs et équipementiers de sombrer. Les constructeurs boivent la tasse, mais les équipementiers, sous une très forte pression,ont changé de braquet et se sont restructurés, ils se sont fortement internationalisés aussi. Du coup, c’est l’îlot de prospéritélà où les constructeurs (Opel, Ford, Fiat, PSA...) sont en pleine furie des marchés.
Les équipementiers automobiles : une tourmente positive. Le marché automobile européen ne va pas bien, un peu comme naguère le marché américain mais, en 2012, il s’est fortement affaissé. Les ventes de voitures neuves ont été réduites d’environ 4 millions unités par rapport au pic d’avant crise, aussi bien pour les voitures particulières que pour les véhicules utilitaires légers (VL), la situation n’est pas euphorique d’autant plus qu’il y a eu l’implantations de nouvelles usines destinées à faire face à la croissance des pays d’Europe centrale et orientale et, cette croissance n’est pas intervenue. Alors, il y a une crise traditionnelle de surproduction entraînant une guerre des prix, une guerre des remises, une guerre des crédits… de la part des constructeurs.
Ces faits font perdre de l’argent aux constructeurs généralistes sur le marché européen, c’est vrai, aussi, sur certaines filiales du groupe Volkswagen, numéro un local. Pendant que General Motors tente de se retirer « l’épine Opel » de son pied, en l’apportant à PSA sous forme d’une coentreprise à 50/50, avec fusion industrielle qui pourrait avoir du sens, avec un chèque de 4 – 5 ou 6 milliards de dollars apportés (pour solde de tout compte), Ford annonce une fermeture d’usine, Fiat menace d’en faire autant en Italie, Peugeot fermera Aulnay en 2014, en France, Renault a fortement diminué la voilure sur sa production ouest européenne depuis très longtemps déjà.
De plus, avec l’installation d’usines en Chine, en Inde, en Amérique du Sud, les exportations de voitures fabriquées en Europe, même sur le très haut de gamme, vont avoir du mal à compenser les faiblesses du marché local. Il y a quelques années, les constructeurs européens exportaient de 600.000 à 1 million de véhicules par an en Amérique du Nord. Maintenant, aussi bien Volkswagen, Mercedes que BMW disposent d’unités de production locales et fabriquent sur place, étant même, exportateurs nets à partir des Etats-Unis d’Amérique où BMW est exportateur automobiles numéro un, tous groupes et toutes marques confondus. Dans cet environnement difficile, il est légitime de se demander quel pourrait être le sort des grands équipementiers, qui ont connu un bon développement dans la foulée des constructeurs ouest européens en général et français en particulier.
Les équipementiers se sont adaptés.
En regardant les chiffres de 2012, il est possible de voir, à la grande surprise des analystes financiers, que ces équipementiers ont complètement changé et n’ont plus rien à voir avec leur situation respective dans la première moitié des années 2000. En effet, leurs marges progressent, leur internationalisation est une réussite, leur dépendance, pour certains d’entre eux, vis-à-vis de l’automobile, est bien moins importante qu’auparavant. La société Le Belier est un petit dans ce milieu, mais cela ne l’empêche pas d’être le numéro un mondial dans sa spécialité à savoir la fabrication des composants de sécurité moulés en aluminium pour l’automobile. Ces pièces en aluminium enregistrent une croissance plus forte que le reste des pièces car, l’aluminium est de plus en plus utilisé par les constructeurs, il permet de réduire le poids des véhicules, les étriers, les turbos et autres éléments en aluminium contribuent à réduire la consommation et donc, aussi, les émissions de CO2 qui sont pénalisées par la fiscalité en Europe.