USA : de nouveaux moteurs pour la reprise.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Aux Etats-Unis, la société est secouée, heurtée, blessée, avec plus de vingt millions de personnes en âge de travailler qui n’ont pas d’emploi (beaucoup n’en recherchent plus, par découragement), une violence latente qui reste forte... Mais l’effondrement qui était possible fin 2008 (faillite de Lehman Brothers, impossible refinancement des banques...) n’est pas intervenu, au prix d’une dette publique record. Obama n’a pas fait de miracle, mais il a contribué à éviter le pire. Du coup, il y a des signes très forts pour croiredans une reprise accélérée, via l’immobilier, le pétrole et le gaz de schiste, via la relocalisation des productions aussi.

La reprise va s’accélérer aux USA. L’année fiscale 2011 – 2012 des Etats-Unis s’est achevée le 30 septembre dernier. Le déficit budgétaire a été ramené à 7% du PIB, vu d’Europe, c’est gigantesque, cependant, la planche à billets fonctionne à fond ce qui fait que le financement est aisé. Il y a eu un effort budgétaire très important et qui est sans équivalent depuis vingt-cinq ans (1,7% de PIB). Le trou des finances de l’État fédéral américain a reculé de 16% par rapport à l’année précédente. Il est estimé, en première approche, à un peu plus de 1.080 milliards de dollars.

Le ratio du déficit par rapport au PIB était de 8,7% pour l’exercice terminé le 30 septembre 2011, il est tombé à 7% pour l’exercice terminé au 30 septembre 2012 et, sauf modifications substantielles des tendances actuelles, il se trouve en bonne voie pour retomber à 5,5% du PIB dans l’exercice qui a commencé le 1er octobre et qui s’achèvera le 30 septembre 2013. C’est la hausse des recettes de l’État, de 6%, par rapport à 2011, à presque 2.450 milliards de dollars, qui est à l’origine de cette réduction du déficit. C’est bien la preuve que l’économie nord-américaine fonctionne mieux que par le passé. Les dépenses publiques ont reculé de 2% seulement à 3.538 milliards de dollars, selon les données officielles. 


De la dette qui coûte pas cher.

Avec la fin des opérations militaires en Irak, avec la diminution en cours des effectifs basés en Afghanistan, avec l’extinction progressive des mesures décidées au moment de la relance de 2009, la meilleure santé de l’économie offre un effet de ciseau très positif. Par ailleurs, du fait de la crise financière en Europe, qui a été visiblement et grandement manipulée par les agences de notation nord-américaines, les intérêts de l’immense dette publique américaine (plus de 16.000 milliards de dollars), ont reculé de 0,1% en 2012 tombant à seulement 222 milliards de dollars. L’État américain a davantage de dette à financer, il se refinance à des taux d’intérêts de plus en plus avantageux, ces refinancements sur dix ou sur trente ans, vont être porteurs de frais financiers amoindris dans les prochaines années, surtout si la tendance à l’augmentation des recettes continuait.

Souvent la dette publique espagnole est mise en avant du fait de son importance, elle sera pourtant encore inférieure, à la fin 2012 à la dette publique française en utilisant le ratio dette nette publique sur PIB mais, la dette publique américaine atteindra, cette année, un peu plus de 107% du PIB, c’est absolument gigantesque. C’est cette dette publique qui incite les Américains à changer de comportement financier. Les Américains étaient considérés comme des personnes dépensant facilement, s’endettant de plus en plus à titre privé comme à titre public. Depuis plusieurs années, il semble que leurs comportements changent assez rapidement. Les Américains augmentent, progressivement, leurs dépôts dans des comptes à terme des banques, même si le rapport n’est pas énorme, ils estiment que même si les rémunérations sont assez faibles, l’argent ne risque pas de s’envoler à cause de l’effondrement de la Bourse de New York ou de l’immobilier. Alors, avec un taux d’épargne net qui a augmenté sensiblement après avoir enregistré un point bas de l’ordre de 0% du revenu disponible, en 2005, il y a plus de 7.000 milliards de dollars d’économies déposés dans les banques commerciales, celles-ci étant à l’abri des marchés financiers et de leurs fluctuations.

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