Homoparentalité : "Les enfants d’abord"
LITTÉRATURE
Le professeur Henri Joyeux, préside de l’association Familles de France, vient de publier «Les enfants d’abord», un livre à la pointe de d’actualité en cette période de débat sur l’homoparentalité. L’ouvrage n’aborde pas la question du mariage homosexuel, mais l’une de ses conséquences directes, à savoir l’adoption d’enfants par deux parents du même sexe. Le professeur Joyeux rappelle tout d’abord que «le point clé, c’est l’enfant, parce qu’il est quand même le plus fragile dans la société, il a des droits et il faut les respecter».
Nous l’avons interrogé pour évoquer ce sujet sensible. En premier lieu, il estime nécessaire de «réveiller les 17 millions de familles qu’il y a en France. Elles sont anesthésiées sur ce sujet, puisqu’on leur dit que toutes les familles sont équivalentes. C’est faux. Lorsqu’un enfant est battu par son père ou par sa mère, quand il y a une mauvaise ambiance dans la famille, on va lui trouver une famille d’accueil. Donc, on ne peut pas dire que pour un enfant, toutes les familles sont à mettre exactement au même niveau.
Nous avons dit à Madame la Ministre de la Famille : «Imaginons que nous avons Jules et Julie qui naissent sous X. La loi permettrait l’adoption par des couples homme-femme, comme c’est le cas aujourd’hui, et quelques milliers de couples homme-homme, et quelques milliers d’autres de couples femme-femme, tous parfaitement respectables qui demandent aussi à adopter Jules ou Julie. Qui va choisir ? Quels sont les critères pour dire à cet enfant : Tu vas avoir un papa et une maman ou tu vas avoir deux papas ou tu vas avoir deux mamans ? La ministre m’a répondu que ce serait par ordre d’arrivée. Mais, si c’est par ordre d’arrivée au niveau de la structure, cela deviendra la guerre entre les couples ! Ce n’est pas de l’homophobie que l’on va créer, c’est de l’homophobie et de l’hétérophobie ! Toutes les études internationales indiquent que l’enfant a besoin de cette double parenté, l’homme et la femme. Alors, on me répond qu’il y aura un papa qui jouera le rôle de la maman ou une maman qui jouera le rôle du papa… Cela n’a strictement aucun sens ! Maintenant, on nous parle de la coparentalité avec un enfant adopté par quatre couples, un couple de deux hommes, et un couple de deux femmes ! Mais où sommes-nous ? On veut changer la société ! Il n’est pas possible d’aller contre l’intérêt supérieur de l’enfant, c’est une évidence, et il est incroyable d’être obligé de défendre aujourd’hui ce genre de réalité».
Pourtant, on nous explique que ce n’est qu’une question de mentalité puisqu’il y a cinquante ans à peine, les couples recomposés étaient mal vus. Cette évolution peut-elle être identique pour l’homoparentalité ? Réponse d’Henri Joyeux : « Non, il faut prendre conscience que l’on est en train de mettre en place un véritable changement de société. Un enfant, pour se construire, a besoin de son équilibre physique, psychologique et affectif. Tout cela se construit au fur et à mesure de l’enfance et de l’adolescence. On sait aussi que les orientations affectives et sexuelles se construisent avant l’âge de trois ans par l’intermédiaire du père et de la mère, à travers cette double identité, qui n’est pas une différence au sens d’une supériorité de l’un sur l’autre, mais d’une complémentarité. Vous avez une revue comme Titeuf, qui devient débile maintenant : eh bien, Titeuf s’habille en fille maintenant… On est en train de nous faire passer le fait qu’un garçon pourrait devenir fille et qu’une fille pourrait devenir garçon. C’est la théorie du genre, c’est une absurdité de philosophes…»
Cependant, on entend aussi dire qu’un enfant serait peut-être plus heureux avec deux hommes ou deux femmes qui s’aiment, plutôt qu’avec un père alcoolique qui bat sa femme : «On entend cela tout le temps maintenant ! Récemment, sur une radio comme Europe 1, cela a été calculé préalablement, ils ont fait passer un petit texte avec un monsieur qui disait : «Moi je ne m’entends pas avec ma femme, la petite souffre. Par contre, mon voisin est homosexuel, il vit avec un homme et ils ont une petite qui est merveilleuse…»
Et avec ça ont fait une loi ! On ne peut pas arriver à légiférer à partir de cas particuliers. Le point clé est le suivant. Dans un couple hétérosexuel, le nombre de partenaires est en moyenne de quatre dans une vie. Sur le plan scientifique, le nombre de partenaires, quand ce sont deux femmes qui vivent ensemble, c’est aussi quatre en moyenne dans une vie. En revanche, pour deux hommes qui vivent ensemble, le nombre de partenaires est quatre fois plus élevé. Allez-vous confier un enfant à deux hommes qui vivent ensemble, mais qui ont une possibilité de changement de partenaire qui va jusqu’à 16 dans une vie ? On nous explique alors que l’enfant c’est le ciment, c’est la stabilité du couple. Il ne l’est pas pour les couples hétérosexuels, comment le serait-il pour les couples du même sexe ?»
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