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L’empire du mensonge...
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Le dernier livre de Maurice Bonnet nous invite à réfléchir sur le mensonge. À travers plusieurs exemples, l’auteur nous propose de regarder autour de nous et d’analyser l’actualité pour nous faire prendre conscience du fait que le mensonge nous entoure en permanence : «C’est une réflexion sur le problème du mensonge. Je suis un pessimiste gai, je ne suis pas résigné, je ne suis pas fataliste, je pense que les choses ne s’orientent pas bien, mais ce n’est pas une raison pour les accepter. J’ai l’impression que le travail de sape qui est en œuvre depuis des décennies est considérable».
L’ouvrage s’intitule «L’empire du mensonge». Maurice Bonnet rappelle que le délit d’opinion est inscrit dans la loi et que la parole n’est plus libre. Bref, le totalitarisme moderne, c’est bien le mensonge : «Nous vivons dans une ambiance de mensonge, nous baignons dans le mensonge, c’est un phénomène relativement moderne. Le mensonge a toujours existé, il est né avec la parole, mais le problème c’est celui du mensonge fondateur, celui qui établit un mythe dans lequel on baigne, c’est toute la question de l’idéologie dans le mauvais sens du terme».
Aujourd’hui, dans de nombreux cas, le mensonge s’impose comme une vérité et celui qui tente de protester se retrouve diabolisé : «C’est la réussite du mensonge moderne, il s’est installé en majesté à la place de la vérité, c’est lui qui dit le bien et le mal, ceux qui veulent rétablir les choses dans un sens normal et véridique sont traités de tous les noms, ce sont des fascistes, ce sont des racistes… Je soutiens et je montre qu’à notre insu le mensonge s’insinue partout aujourd’hui grâce à un système médiatique et des méthodes qui ne cessent de se perfectionner et que le climat dans lequel nous vivons est tout entier mensonger, de plus en plus mensonger, l’empire du mensonge étant conquérant».
L’Hebdo-Bourseplus contribue chaque semaine à lutter contre le mensonge. Dans le domaine économique, on nous explique à longueur de temps que l’excès de dépenses publiques est une bonne chose, n’est-ce pas une forme de mensonge qui résume bien cet esprit général ? Dans ce même ouvrage, Maurice Bonnet reconnaît aussi que la recherche de la vérité intéresse peu les gens : «J’ai constaté hélas que le souci qui est le mien n’est pas partagé par beaucoup de gens. Mais il faut relativiser tout cela et ne pas tomber dans la sinistrose».
Le livre est passionnant parce que l’on y trouve aussi des exemples historiques, par exemple le personnage de Pasteur : «Pasteur était un ambitieux, toute sa vie le démontre. Comme Galilée, il s’attribuait des choses qu’il n’avait pas trouvées lui-même, mais c’était un grand savant, un chercheur. On dit qu’il a, dans ses derniers instants, reconnu que c’était Claude Bernard qui avait raison et que la cause de la maladie ce n’était pas le microbe, mais le terrain sur lequel il se trouvait».
Mais le chapitre le plus intéressant porte sur la démocratie, car l’auteur s’attaque clairement à ce qui constitue à ses yeux la mère de ce mensonge global : «C’est un nid très accueillant pour le mensonge, la démocratie est elle-même une imposture dans son principe. On se fait des illusions considérables quand on donne Athènes comme étant l’institutrice de la démocratie, cela n’a aucun rapport avec la démocratie actuelle. À Athènes, la désignation était fréquemment utilisée, le suffrage universel était réservé à une minorité de citoyens, mais on utilisait le tirage au sort pour désigner des gens en charge de postes très importants…»