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Les arguments d’un député UMP contre le Traité européen.
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✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Christophe Priou, député UMP de Loire-Atlantique :«C’est un moment historique dans une vie de parlementaire.»
Christophe Priou, député UMP de Loire-Atlantique, n’a pas la réputation d’appartenir au clan des souverainistes, comme par exemple Jacques Myard, c’est pourquoi sa prise de position contre la ratification du Traité européen nous a semblé intéressante. Le parlementaire vient de publier un communiqué dans lequel il cite trois raisons de voter contre la ratification du Traité européen : «Alors que la crise s’est aggravée, le pacte de stabilité va imposer aux États de soumettre à la Commission européenne et au Conseil les projets de budgets avant d’être soumis au Parlement. Nous sommes dans un contexte qui ne nous permet plus de signer un chèque en blanc, d’autant plus que le projet de budget 2013 porté par le gouvernement socialiste/vert accentuera encore le fossé entre la France et ses principaux partenaires européens, ce qui ne va pas dans le sens de l’harmonisation européenne recherchée. Le budget d’austérité qui se prépare ne permettra pas de relancer l’économie et accentuera la récession ainsi que le chômage, conséquence d’une pression fiscale injustifiée qui touchera tous les ménages français».
Ensuite, «la règle d’or ne sera pas inscrite dans la Constitution parce que le projet de loi autorisant la ratification du Traité n’aura pas été soumis au congrès». Enfin, «en 2005, les Français avaient rejeté nettement le Traité constitutionnel par référendum (réforme préalable à la ratification du Traité de Lisbonne). Le même traité (simplifié) a ensuite été adopté par le parlement réuni en congrès en 2008 ; beaucoup d’électeurs se sont sentis trahis par la classe politique. Aujourd’hui, étant donné la situation de crise, la question mériterait d’autant plus un référendum». Que l’on soit pour ou contre la ratification de ce Traité européen, force est de constater qu’avec une telle prise de position, Christophe Priou intègre la liste de ces députés libres qui ne sont pas les godillots de leur parti.
L’Hebdo-Bourseplus : Vous annoncez votre intention de voter contre le Traité européen, notamment parce que la règle d’or ne sera pas inscrite dans la Constitution. Or, de nombreux électeurs de droite sont favorables à ce Traité européen en faisant un amalgame avec la règle d’or…
Christophe Priou : L’Europe rassemble une grande majorité de Français, surtout au sein de l’UMP, mais il y avait des gestes extrêmement importants à effectuer dans ce débat. D’abord, il aurait fallu réunir à Versailles le Congrès, c’est-à-dire le Sénat et l’Assemblée nationale, pour inscrire la règle d’or dans la Constitution et ne plus avoir de faux-fuyants pour ne pas rétablir rapidement l’équilibre des comptes publics.
Aujourd’hui, le budget 2013 prévoit de ramener le déficit à 3%, mais il y a une augmentation fiscale qui se fait en deux temps. La hausse de la fiscalité, je crois que nous l’aurions eue, quel que soit le candidat vainqueur de l’élection présidentielle. Mais, à côté, le programme de Nicolas Sarkozy consistait aussi à s’attaquer à la dépense publique, notamment à travers des réformes structurelles. Je pense à la question des retraites qui ne sont financées que jusqu’à l’horizon 2017-2018. Il y a un chantier qui n’a pas été ouvert, et donc financé : celui de la dépendance. Là, on voit bien qu’il y a une hausse de la fiscalité sans réformes structurelles, comme ont su le faire nos voisins allemands il y a une dizaine d’années.