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Une persistante grosse décote sur le Cac 40.
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Après avoir échoué dans sa tentative de débordement de la résistance majeure de 3.600 points, l’indice Cac 40 est reparti subitement à la baisse pour se stabiliser finalement autour des 3.400 points. Cette nouvelle zone d’équilibre intègre dans les cours les nouvelles décisions en préparation sur la fiscalité des entreprises en France. Les autres indices internationaux majeurs n’ayant que peu baissé au cours de la même période, le signal donné par les investisseurs étrangers est très net.
Si les très fortes hausses des taxations se confirmaient, il faudrait s’attendre à une hausse de la pression vendeuse à due proportion. Les investisseurs institutionnels évaluent souvent les prix des actifs en fonction du nombre d’années de bénéfices nécessaires pour couvrir l’investissement initial, le fameux « délai de recouvrement ».
Plus vous alourdissez les taxes, plus cet indicateur augmente, plus le cours de bourse moyen baisse. A performance industrielle et commerciale égale, les investisseurs paieraient 20 à 30 % moins cher une action française par rapport à une allemande ou une australienne, bénéficiant d’une pression fiscale nettement moindre. Si vous ajoutez à cela, une anticipation de performances industrielles et commerciales moindres pour cause de cette même fiscalité confiscatoire, il faudrait appliquer une décote supplémentaire aux valeurs françaises.
On vit une période extrêmement compliquée dans laquelle le chemin qu’empruntera le gouvernement dans sa politique économique et budgétaire va nécessairement influencer fortement la valeur des actifs, particulièrement les sociétés. Du point de vue technique, l’indice Cac 40 était déjà dans une mauvaise spirale, mais tentait néanmoins de bénéficier du bon comportement des indices majeurs, américains et allemands. Il n’est pas sorcier de deviner que la France joue très gros sur la scène financière internationale. Les conditions d’une future attaque sur le marché de sa dette sont désormais réunies.
Cela va dépendre du calendrier des émissions à venir et la spéculation devrait réagir à la moindre faiblesse de la demande. Si la BCE décide dans ce cas de figure d’intervenir immédiatement, elle serait obligée de recourir elle-même à l’emprunt, ce qui représenterait un dangereux précédent. La zone de soutien suivante la plus proche se trouve vers la MM200, soit approximativement autour de 3.300 points.
A moyen terme, il est probable que l’indice devrait continuer à osciller de part et d’autre de cette ligne, avec une zone basse évaluée vers 3.000 à 3.050 et une zone haute entre 3.550 et 3.600 points.