⟵ Retour
«Revivre à tout prix» : le témoignage bouleversant de Jean-Philippe Blanc.
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Jean-Philippe Blanc est issu d’une famille de grands restaurateurs parisiens, Les Frères Blanc. A la rédaction de L’Hebdo-Bourseplus, nous le connaissons depuis une vingtaine d’années. Il ne manquait rien à ce jeune homme : une bonne éducation, la jeunesse, la beauté, des réseaux parisiens, de nombreux amis...
Un jour, son père, Jean-François, nous apprend qu’il a été victime d’un accident de scooter. C’est un choc, la triste nouvelle fait le tour de Paris et l’on découvre que Jean-Philippe est dans le coma. C’est cette histoire qu’il nous raconte dans une autobiographie baptisée «Revivre à tout prix».
Personne ne peut refermer ce livre sans être bouleversé et surtout sans s’interroger sur le sens que l’on doit donner à sa vie. La vie est précieuse, Jean-Philippe est bien placé pour le savoir, il a failli la perdre. En février 2008, tout allait très bien pour lui. Il avait deux restaurants près des Champs-Élysées, Findi et Spicy, il était en train de racheter un établissement près du ministère des Finances et il s’apprêtait également à démarrer les travaux d’un restaurant situé dans l’Opéra Garnier.
Son destin a basculé dans la nuit du 14 au 15 février 2008 : «J’étais un peu malade, mais la Saint-Valentin est une journée fabuleuse pour les restaurateurs ! Le restaurant était plein, je voulais rentrer chez moi de bonne heure, parce que j’étais fatigué. Finalement, à 23 heures, je tombe sur des amis qui me proposent d’aller dîner. Ensuite, nous sommes allés dans une boîte de nuit à côté des Champs-Élysées, puis on me propose d’aller chez Castel, puis un ami me pousse encore à aller au Queen… Mais je n’avais bu qu’un seul verre dans chaque établissement parce que j’étais fatigué».
Une nuit un peu folle. A 6h30, ce matin du 15 février, Jean-Philippe s’assoupit sur son scooter, alors qu’il n’est qu’à 100 mètres de chez lui. C’est à ce moment-là que l’accident intervient. Diagnostiqué Glasgow 3, le niveau le plus grave du coma, juste avant la mort, l’homme qui vivait à 200 à l’heure enchaîne 22 jours de coma avant de revenir à la vie. Après 20 autres longs jours dans le service de réanimation réservé aux comateux, c’est le début d’un long parcours : rééducation à Garches, où le moindre geste devient un combat et un challenge permanent, suivi au jour le jour d’un orthophoniste pour réapprendre à parler, suivi psychologique pour accepter…
Avec ce «journal de bord», Jean-Philippe revient sur cette épreuve tant morale, psychologique que physique et sur ses moteurs de motivation pour «revivre à tout prix». Les médecins avaient expliqué à l’époque que le risque était élevé pour qu’il ne se relève plus ou ne puisse plus parler.