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Les emprunteurs sont de plus en plus inquiets
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Maël Bernier, porte-parole d’Empruntis : «Le vrai problème, c’est la peur et l’anxiété des emprunteurs.»
Le courtier Empruntis constate une nouvelle baisse des taux moyens des prêts immobiliers. En moyenne, elle est de 0,10 point. Sur 15 ans, le taux moyen a lâché 0,05 point et s’établit ce mois-ci à 3,45%. Même constat pour les taux sur 20 ans, qui atteignent 3,80% (- 0,10 point), un niveau proche du seuil historique. Maël Bernier, directrice de la communication et porte-parole d’Empruntis.com, souligne cependant que «les banques deviennent de plus en plus prudentes sur les durées de 25 à 30 ans».
Le niveau des taux fixes, extrêmement bas et donc proche du niveau des taux variables, retire une partie de l’intérêt de ce type de taux. La période estivale aura donc été marquée par une tendance baissière. C’est la région Ouest qui remporte la palme de la région la moins chère, avec en moyenne 3,30% sur 15 ans et 3,75 % sur 20 ans. Quelle est la situation du marché en cette rentrée ? Maël Bernier répond à nos questions.
L’Hebdo-Bourseplus : Les taux sont très bas, mais le marché reste difficile. Quelle est la situation que vous observez ?
Maël Bernier : Les banques ont redoublé de prudence depuis quelques mois - ce n’est pas du tout un phénomène récent - en appliquant à la lettre leurs critères classiquement admis, comme un endettement de 33%, un apport de 10% pour les jeunes et de 20% pour les autres. Le vrai problème, c’est la peur et l’anxiété des emprunteurs. Il y a un vrai blocage psychologique, qui peut tout-à-fait se comprendre, des gens qui craignent de s’endetter sur 20 ans alors que le marché de l’emploi est incertain.
On assiste également à une anxiété liée à la fiscalité sur la propriété, qui est encore floue en ce moment. Les gens craignent de se retrouver avec un impôt nouveau au cours des prochains mois. Lorsque les nouveaux impôts seront divulgués, je pense que l’on va arrêter de jouer au chat et à la souris. Même le nouveau dispositif Scellier, à savoir le Duflot, n’est pas encore parfaitement clair. Il y a une réelle peur de l’avenir et de la fiscalité, ce qui n’était pas le cas l’année dernière où les gens étaient dans l’attentisme, surtout en raison des élections. Aujourd’hui, les gens sont dans l’attentisme parce que tout le monde sait très bien que l’on va devoir payer, mais on ne sait pas de quelle manière. La suppression des niches fiscales a également une incidence, y compris sur les aides à domicile.