BTP et télécoms : revue et perspectives après braderie.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Comme promis au vu des comptes semestriels publiés, au vu des nouvelles perspectives économiques liées aux différentes opérations des banques centrales, nous commençons une étude détaillée sur les entreprises cotées, les principales en premier pour terminer avec des entreprises de plus petites tailles, grosses PME ou sociétés de dimensions plus petites mais qui sont intéressantes (suite la semaine prochaine). 

À tout seigneur tout honneur,  commençons par le BTP et les valeurs diversifiées principalement axées sur le BTP, qui ont beaucoup souffert depuis le début de l’année et qui ont comme incertitude majeure les perspectives de réduction des grands travaux publics, en Europe, qui pourraient réduire leurs chiffres d’affaires donc, leurs résultats par effet de ciseau négatif. Dans ce secteur, il y a, à la fois, des grandes entreprises comme Bouygues, Vinci, Eiffage, mais, il existe, aussi, les fournisseurs de matériaux comme Saint-Gobain ou Lafarge. 


Bouygues : conglomérat familial.

Bouygues est une entreprise très intéressante car, finalement plus diversifiée que d’autres, à travers une participation prépondérante dans le capital d’Alstom, une minorité et une gestion au sein de la chaîne TF1, une diversification, longtemps « vache à lait » dans la téléphonie mobile, via Bouygues Télécom. Dans le BTP Bouygues possède trois activités principales : la construction, la promotion immobilière, les activités d’infrastructures à travers sa filiale Colas. Le résultat semestriel du groupe Bouygues est très nettement en recul, néanmoins, le groupe pourra terminer l’année dans une situation pas si mauvaise. Bouygues réalisait 29,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires avant la crise, en 2007, il sera au-dessus de 33 milliards d’euros en 2012.

En revanche, la concurrence de plus en plus vive dans les télécommunications pincera vivement cette marge de 2,18 milliards d’euros en 2007 qui aura des difficultés à parvenir à 1,5 milliard d’euros pour 2012. Cependant, le cours de Bourse de l’action Bouygues reflète largement la situation du pincement de ses marges. Le titre cotait entre 55 et 65 euros avant la crise, actuellement il cote environ 20 euros, parfois un peu moins. Bouygues Télécom a été la principale victime de l’arrivée de Free, au premier semestre, la perte nette de clientèle s’est élevée à 440.000 abonnés et le transfert du tarif ordinaire vers un tarif bas (B&You) a concerné 452.000 autres abonnés. Comme par ailleurs, le groupe Bouygues est obligé d’investir pour combler son retard dans la téléphonie fixe (accès à Internet) et qu’il cherche à recruter de nouveaux abonnés, ce qui est coûteux, il est évident que la « vache à lait » n’est plus aussi généreuse qu’auparavant.

Chez TF1, sa filiale de télévision, à force de repousser les décisions, la situation va devenir assez vite une situation d’urgence, avec notamment l’impossibilité de TF1 de conserver plus de 50% (pendant de longues années encore) du marché publicitaire avec une audience qui était limitée à 23 ou 24%, en moyenne, l’an dernier et qui se situe à peine au-dessus de 20% en ce moment. L’offensive majeure que va mener le groupe Canal+ dans la télévision numérique terrestre avec le rachat des chaînes du groupe Bolloré (actuellement 4% de l’audience), pourrait être le dernier coup encaissé par la toute puissance publicitaire de TF1.

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