Un graphique boursier mettant en évidence les lignes de tendance, niveaux de support et résistance

Serait-ce vraiment la fin de la crise ?

ANALYSE GRAPHIQUE

✍️ Par Mustapha GHAILANE

Le feu vert de la Cour constitutionnelle allemande permettant l’engagement de l’Allemange dans le plan de sauvetage de la zone Euro était attendu par les marchés. La BCE, le MES et autre FESF vont pouvoir acheter massivement de la dette des pays européens en difficulté dès lors que leurs gouvernements le demanderaient.

La réaction fortement haussière des places boursières à cette situation est surtout le résultat de rachats de positions vendeuses à découvert dans un marché étroit et fortement attaqué. Croire que la crise serait terminée avec cette décision relevrait plutôt de l’incantation et de l’utopie. Si cela était le cas « ça se saurait » et « ça se saurait su avant » !

Pourquoi avoir débloqué des centaines de milliards en pure perte pour sauver la Grèce alors ? La vérité est ailleurs : l’Euro n’aurait pas résisté longtemps à la menace d’écroulement du système bancaire espagnole et son corollaire de défaut de paiement du pays lui-même. Il fallait faire quelque chose et tout de suite, car rien que la menace en elle-même aurait pu dégénérer à tout moment en panique bancaire.

Depuis, sur les marchés de la dette souveraine, c’est les allemands qui paient la note et dans une moindre mesure, les français. Cela aggraverait d’autant les déficits budgétaires courants, ce qui poserait tôt ou tard un problème au niveau de la notation par Moody’s et cie. La stratégie adoptée par la BCE va resserrer à coup sûr les écarts des rendements obligataires, en relevant ceux des pays du nord et en abaissant ceux des « PIIGS ».

Du coup, l’Euro retrouve comme par enchantement une certaine forme de solidité aux yeux des investisseurs qui le paient actuellement autour de 1,30 dollar. Toutefois, globalement la masse de la dette totale posera toujours problème pour les investisseurs. Cela d’autant plus, qu’elle augmente partout dans le monde.

Pour le moment, les marchés boursiers bénéficient de cet effet de soulagement et retrouvent des couleurs qu’ils n’ont pas eu depuis longtemps. Les valeurs bancaires et d’assurance profitent pleinement de cette situation, ce qui pourrait les rapprocher de cours objectifs pour d’éventuelles augmentations de capital. Si elles ne le faisaient pas, ce serait probablement le MES qui le ferait de force et au prix du marché à ce moment-là, qui ne serait pas forcément très favorable aux actionnaires.

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