Il faut réinventer la Bourse de Paris.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

On se demande bien à quoi sert encore une Bourse de Paris devenue “forêt de Bondy” où la “gendarmerie” (lire AMF) fait office d’école d’apprentissage du grand bankstérisme et de “service après vol” des grands détrousseurs.

Il y a huit jours, dans son supplément économique du lundi, le quotidien « Le Monde », détenu majoritairement par le propriétaire d’Iliad-Free, a titré : « la fin de la Bourse de Paris ? ». De fait, le marché financier parisien disparaît, dans l’indifférence générale avec une image de plus en plus déplorable auprès des investisseurs, qui sont, pourtant, extraordinairement utiles à l’économie française. Les ordinateurs génèrent 98% des transactions, alors, la Bourse est devenue une sorte de « casino » où les titres sont « joués » sans tenir compte du tout des fondamentaux des entreprises.

Ce n’est même plus l’époque des magouilles du temps d’Émile Zola, c’est le temps des manipulations, sans fondement, ou presque. Les pouvoirs publics s’en moquent, ils ont laissé faire, dans une indifférence scandaleuse, l’acquisition de la société de marché Euronext par la société des Bourses newyorkaises (New York Stock Exchange, NYSE), depuis la Bourse de Paris se nomme NYSE Euronext Paris.

La Bourse physique n’existe plus. Le Palais Brongniart, créé pour permettre la concentration des différents acteurs du marché, avait entraîné dans son sillage un quartier des affaires et de la presse très animé, rue Réaumur, rue de Montmartre, rue de Richelieu allant jusqu’au boulevard des Italiens, passant par la rue du Louvre (où se trouvait la Poste centrale et la Bourse de commerce). Cela a disparu, de fait. Le Palais de la Bourse est devenu un lieu d’expositions dans lequel défilent des modèles, où se tiennent des salons parfois. L’objectif était, soi-disant, de réduire les risques en multipliant les bénéfices. 


Les ordinateurs font la loi : 2 secondes de détention !

Les hommes qui effectuaient les transactions ont été remplacés par des ordinateurs, qui font les transactions, seuls, sans ordre passé, simplement parce qu’ils sont programmés pour cela. Selon l’économiste Patrick Artus, la durée moyenne de détention d’une action a été réduite à 2 secondes ! Époustouflant ! Les responsables des salles de marchés cherchent seulement, en fin de journée ou en fin de mois, à trouver des prêteurs pour les titres lorsqu’ils sont vendeurs de plus de titres qu’ils ne possèdent en portefeuilles… et, dans les petites lignes, qui ne sont lues par personne, à propos des conditions d’ouverture d’un compte titres, il est indiqué que le détenteur du compte titres autorise son établissement financier dépositaire, la plupart du temps, à prêter, louer, titres, droits de vote et autres supports de transactions de plus en plus liées au jeu du « casino ».

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