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Autopsie de l’apocalypse.
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Risques nucléaires, virus, réchauffement climatique, menaces sismiques, basculement des pôles, trous noirs... En cette année 2012, la crainte de l’apocalypse nourrit évidemment tous les fantasmes. Le livre de Patrick Simon n’est pas un ouvrage de prophéties, c’est simplement un livre d’analyse qui reprend tous les textes et toutes les idées reçues dans ce domaine.
Après trente ans passés à décrypter l’apocalypse dans toutes ses composantes - historique, scientifique, militaire, politique, économique, philosophique et prophétique - l’auteur nous dévoile les arcanes de cette perspective qui préoccupe nombre de nos contemporains. Patrick Simon est docteur en droit et journaliste. Son enquête vise d’abord à bousculer les idées reçues et les fausses interprétations.
Son premier constat est que le danger ne vient pas forcément d’ailleurs, mais de nous-mêmes et de nos conduites à risques : «On a souvent pensé à l’apocalypse comme un phénomène venu d’ailleurs. Je pense que ces phénomènes, que j’analyse tous, peuvent évidemment exister, comme l’éruption d’un super volcan, mais il y a aussi les comportements humains, parce que le réchauffement climatique, cela ne vient pas du ciel, c’est nous qui envoyons le carbone dans l’espace et c’est nous qui déréglons le climat, avec également les risques de famine et de problèmes économiques divers que cela engendre. Les savants que j’ai interrogés m’ont tous dit : «On ne sait pas trop où l’on va !»
Une rupture environnementale très puissante peut tout emballer, elle ferait écrouler un certain nombre d’économies qui ne demandent que cela, puisque le monde est en récession globale, avec des conflits sociaux et politiques, et des guerres. On pourrait imaginer une guerre pour sécuriser les approvisionnements de l’Occident, comme le pétrole ou les matières premières, avec en prime un conflit de civilisation».
Un chapitre est évidemment consacré aux bouleversements inhérents au climat : «Paradoxalement, le réchauffement climatique pourrait avoir un effet inverse, puisqu’il pourrait arrêter le Gulf Stream, ce courant qui nous amène un climat tempéré. Ce courant existe grâce à l’eau salée. C’est un effet complexe, mais très connu, or avec la fonte des glaces que l’on observe en ce moment, les fleuves russes déversent de plus en plus d’eau dans la mer du Nord, on assiste à une désalinisation de l’eau et donc à un ralentissement de ce courant. Si ce courant s’arrête, on pourrait avoir 10 degrés de moins en Europe, la Manche serait glacée et nous aurions tous très froid. En plus, une grande partie de nos territoires serait envahie par les eaux. Tout cela déboucherait sur une grave crise économique, avec de nombreux problèmes dans les pays pauvres, notamment en raison de la montée du prix des matières premières. Tout cela serait la phase finale de l’apocalypse».
Il faut souligner que ce terme n’implique pas dans ce contexte la fin des temps, mais doit être pris dans son sens premier : «Apocalypse, cela veut dire révélation. Donc cela ne veut pas dire que c’est la fin du monde ou la destruction, c’est la révélation dans le sens que l’on arrive vers un autre monde». Patrick Simon ajoute : «Pour moi, ce résultat traduit la volonté de l’homme d’avoir de plus en plus de biens matériels, mais sans faire attention à tout son environnement. Tous les pays en développement multiplient les excès ! J’ai rencontré les ambassadeurs d’Inde et de Chine pour leur parler du réchauffement climatique et ils m’ont répondu tous les deux : «Il faut bien que nos peuples évoluent et accèdent à un niveau de biens comme le vôtre».