Italie : sursaut impressionnant.

LE DOSSIER DE LA SEMAINE

✍️ Par Nicolas MIGUET

Les comptes publics italiens se redressent sous l’emprise d’un gouvernement de fonctionnaires (dont un ancien dirigeant du bankster Goldman Sachs comme Président du conseil des ministres, sic). Naguère forte d’une jeunesse pléthorique, l’Italie s’est enrichie,embourgeoisée et a pris des rides, d’où une croissance très modeste depuis longtemps. La prise de consciencedu déclin est réelle et la deuxième puissance industrielle de la zone euro ne doit pas être enterrée, à loin près. 

Au début de l’année 2011, l’Italie n’enregistrait pas de croissance (1% au mieux), vieillissante, elle était, cependant compensée par une immigration assez nouvelle et relativement massive, avec un déficit public qui représentait entre 4,5 et 5% du PIB et avec une dette cumulée totale équivalente à une année et un trimestre de PIB. Le gouvernement de Silvio Berlusconi, tout contesté qu’il était, a su imposer la majorité des mesures drastiques, accélérées par son successeur, Mario Monti, nommé en fin d’année 2011 à la tête d’un gouvernement de « technocrates ».

La dette publique italienne, qui était détenue à 55% par les résidants, il y a un an, est, maintenant détenue à hauteur de presque 75% du fait du désengagement massif des « non résidants » qui ont vendu considérablement les titres longs de la dette italienne, dans une angoisse peut-être pas complètement justifiée. La dette publique est d’une maturité moyenne de plus de sept ans, avec une forte épargne interne. Théoriquement, l’État est serein sur son remboursement. La montée très rapide des taux d’intérêt sur la dette italienne « long terme » est le reflet de la vente très massive des instruments de dette par les porteurs « non résidants ».

Pour absorber le marché il a fallu donner de meilleurs rendements sur le marché secondaire. Vu de ce côté des Alpes, l’Italie n’est pas vraiment comprise, et les dirigeants français ont plutôt tendance à mépriser leurs homologues italiens alors que ces derniers sont, souvent, des personnes de bien meilleure qualité que les dirigeants français. En effet, ils parlent, outre la langue de Dante, très couramment l’anglais, très souvent, également, l’allemand et le français, c’est loin d’être le cas de nos ministres et président qui ont des difficultés à aligner plus de trois mots dans la langue de Shakespeare, à part le Premier ministre, professeur d’allemand qui s’exprime parfaitement dans la langue de notre principal voisin. 


Réputation désastreuse du pays.

L’Italie a mauvaise réputation. La corruption, les clans mafieux, l’économie parallèle coûtent très cher à la dette italienne. Les étrangers qui désirent investir en Italie sont un peu bloqués à cause de l’horrible réputation de ce pays, ce qui est, bien entendu une entrave à la croissance et au développement de l’économie. La Cour des comptes italienne vient d’estimer que les pots de vin et autres népotismes pourraient coûter 60 milliards d’euros en 2011 aux autorités fiscales locales. Les grands groupes, pourtant puissants et alliés à des entreprises de taille mondiale comme Finmeccanica sont soupçonnés et en accusation devant la Justice pour avoir créer des caisses noires à l’étranger afin d’alimenter les partis politiques italiens, ce qui est bien sûr complètement illégal aussi bien en Italie qu’en France. Même si le travail de Transparency International est contestable sur certains aspects, cette organisation non gouvernementale considère que la corruption n’a fait que grandir durant les dix dernières années.

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