Une crise de société, avant une crise financière...
LITTÉRATURE
Pour ce numéro de rentrée de L’Hebdo-Bourseplus, nous n’allons pas vous présenter une nouveauté, mais un livre qui a été publié fin 2009 par l’avocat Marc-Albert Chaigneau : «Crise financière ou de société».
En effet, cet ouvrage a pris une nouvelle dimension au moment de la campagne présidentielle et force est de constater qu’il se situe au cœur de l’actualité économique en cette fin d’été, notamment lorsque l’on découvre les projets du gouvernement dans le domaine de la fiscalité.
Marc-Albert Chaigneau ne cache pas son exaspération : «A force de taper tellement fort sur sa monture, elle refuse d’avancer, parce qu’on l’a trop chargée ! Or, en la nourrissant mieux, elle avancerait plus facilement. La base de mon analyse, c’est que nous vivons une crise de société. Tout le monde parle d’une crise financière, mais c’est une crise de société car nous avons adopté pour seul paramètre, dans tous les domaines, la monnaie et la finance. À partir du moment où nous avons ce paramètre, qui est valable pour tout, à partir du moment où il y a des désordres de ce côté, ce paramètre entraîne une crise dans tous les domaines de la société. C’est ce que nous continuerons à vivre aussi longtemps que la monnaie et la finance seront les seuls paramètres dans tous les domaines».
Le livre a été rédigé avant la proposition de François Hollande visant à taxer à 75% les hauts revenus, mais l’auteur a un avis clair sur cette question : «Il est bien évident que personne ne va accepter de payer un taux d’impôt sur le revenu à plus de 70%. Nous avons affaire à une population qui maîtrise ses revenus et qui va pouvoir faire des investissements ou des dépenses d’entretien. Il y a la mesure simpliste qui consiste à déménager pour s’installer à l’étranger. Mais même sans aller jusqu’à cette extrémité, il y a énormément de moyens d’échapper à l’impôt quand il devient confiscatoire. Si vous considérez les revenus fonciers, vous pouvez vous retrouver avec une imposition réelle qui peut atteindre les 90%, voire dépasser les 100%, ce qui est complètement ridicule ! Toutes les propositions et les projets qui sont présentés aujourd’hui sont fondés sur l’idée que le rapport d’un impôt est proportionnel à son taux. C’est complètement faux : le rapport d’un impôt n’est jamais proportionnel à son taux ! Par exemple, lorsque l’on a passé l’impôt sur les sociétés de 50% à 25%, l’impôt sur les sociétés à 25% a rapporté plus à l’État que l’impôt sur les sociétés à 50%. Dans notre vie quotidienne, la plupart des gens, lorsqu’ils achètent pour 50 euros de carburant, si l’on augmente la TIPP, ne vont pas acheter 51 ou 52 euros de carburant pour faire rentrer le supplément nécessaire dans les caisses de l’Etat. Ils ont un budget pour leur carburant, ils vont faire attention en roulant un peu moins vite ou en économisant quelques déplacements et, à ce moment-là, le montant des recettes ne va pas augmenter tel que le ministère des Finances ou les politiques présentent les choses. Dans les entreprises, la fiscalité est gérée a priori. On monte une opération, on lance un produit, et, dès la conception du système, on intègre la fiscalité dans les prévisions de gestion. Au ministère des Finances, la fiscalité, telle qu’elle est conçue, raisonne toujours d’une façon statique et a posteriori. Donc, cela ne peut jamais aboutir au résultat prétendu. Pour aboutir au résultat prétendu, il faudrait intégrer cela dans une gestion dynamique».
Au final, les premières victimes des mesures du gouvernement socialiste seront les classes moyennes : «Plus on augmente l’impôt sur les couches supérieures, moins l’impôt est productif et donc on est obligé de se rabattre vers les couches moyennes et inférieures de la population qui n’ont pas les moyens d’information et de délocalisation des couches supérieures».
Bref, il est toujours plus facile de taxer les revenus moyens : «C’est une évidence, cela s’est toujours passé comme cela. Je me souviens d’un texte de Mazarin qui disait cela, ceux qu’il fallait taxer, ce ne sont ni les pauvres, ni les riches, mais les classes moyennes qui, pour subsister et maintenir leur train de vie, seront obligées de travailler davantage, simplement pour se maintenir à flot. Cela s’est toujours passé comme ça et cela continuera de se passer comme ça. Les classes moyennes ne maîtrisent pas leur système et leur cadre en général, elles dépendent d’un employeur, elles sont dans une situation géographique fermée, elles n’ont pas la maîtrise des paramètres de leur situation, alors que les couches supérieures ont la maîtrise des paramètres de leur situation. Vous pouvez acheter un immeuble au nom d’une SCI française, mais aussi au nom d’une société luxembourgeoise ou des îles anglo-normandes. A la fin, vous maîtrisez la situation».
Validez le formulaire ci-dessous
Tarif valable jusqu'au 28/02/2027 sous réserve de variation du taux de TVA.
L'Hebdo Bourse Plus sort un numéro double fin juillet et ne paraît pas en août.
Les paiements sur notre site sont sécurisés et traités par Stripe, un prestataire de paiement en ligne de confiance. Vos informations de paiement sont protégées par des protocoles de sécurité de pointe, garantissant une expérience d'achat sûre et sécurisée. Vos données sont protégées par le chiffrement TLS et la tokenisation. Stripe est certifié conforme aux normes de sécurité PCI DSS.