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Les marchés entre deux eaux.
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les marchés boursiers restent globalement très hésitants, ballottés entre des cours très bas sur un grand nombre de valeurs et des inquiétudes sur l’issue de la crise de l’Eurosystème. Les très grandes banques non européennes sont également très partagées sur leur manière d’anticiper l’avenir à moyen et long terme. Plusieurs d’entre elles se sont clairement préparées au scénario de l’éclatement de l’Euro. D’ailleurs, au prix auxquels l’Espagne et l’Italie empruntent depuis un certain temps, la « couverture » de l’Euro n’existe plus dans les faits.
C’est encore beaucoup plus clair pour le Portugal et la Grèce. Cette situation ne peut pas durer éternellement en raison de la nature exponentielle de l’augmentation de la dette alors que le point de non retour semble dépassé. Notre nouveau président a même suggéré l’hypothèse de migrer vers plusieurs zones Euro avec des niveaux de compétitivité et d’endettement comparables.
Revenir à la monnaie locale ne serait-il pas plus simple et plus efficace que la création d’ersatz de mini zones euros à la crédibilité plus que douteuse ?
Quid alors de la dette due et empruntée en bons euros ? La seule issue réaliste à long terme, voire à moyen terme, est la conversion des dites dettes en monnaies locales avec abandon partiel de créance par les bailleurs de fonds à due concurrence. Les états retrouveraient au moins un avantage concurrentiel à l’export, induit par les dévaluations nécessaires. A contrario, le maintien du statu-quo continuerait à bénéficier à l’Allemagne dont la compétitivité est actuellement largement sous estimée par le niveau de l’Euro.
La solution retenue implicitement par le sommet de Bruxelles, avec une intégration progressive de la zone, bancaire, puis budgétaire et enfin politique est bien trop longue à mettre en place. D’autant plus qu’elle risquerait d’être interrompue ou inversée à tout moment par des élections locales favorables aux séparatistes. En naviguant entre deux eaux, la France se trouve désormais dans la plus mauvaise des situations : pas assez endettée pour être éventuellement secourue et insuffisamment compétitive pour inverser la courbe de la dette par la croissance économique.
C’est l’une des raisons qui expliquent l’incroyable décote appliquée par les marchés aux valeurs hexagonales. La défiance des investisseurs étrangers a encore augmenté ces derniers mois comme le montrent l’évolution des chiffes de la balance des paiements. Seuls les retours des OPA peuvent encore re-dynamiser la place de Paris, car les opportunités sont aujourd’hui nombreuses et évidentes pour les candidats acquéreurs. Peugeot et Alcatel semblent particulièrement bien placées pour être raflées.
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