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En attendant les modalités de sauvetage...
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Face à la persistance d’une pression insoutenable des marchés sur la dette espagnole et italienne, les responsables politiques ont réagi cette fois-ci rapidement, surprenant au passage fortement les intervenants, dont beaucoup anticipaient plutôt d’interminables tergiversations. Le fort rebond actuel est à la hauteur du degré d’étonnement des opérateurs, dont une bonne partie s’est résignée à solder des positions vendeuses à découvert.
Manifestement, les énormes écarts de cours entre un scénario politique et un autre prouvent une nouvelle fois l’inadéquation du système financier actuel, qui reste fortement imprégné de la spéculation. Les décideurs politiques ont fait le choix de sauver coûte que coûte toutes les banques en difficulté avec le risque de voir la facture grossir indéfiniment si la récession économique s’installe durablement. Le risque « effets dominos » n’étant pas écarté pour autant.
En 2008, les américains avaient plutôt fait le choix de « liquider » rapidement Lehman Brothers pour éviter la contamination du système. L’Union européenne et les Etats-Unis ne voient pas du tout les choses de la même manière. Le sauvetage des banques espagnoles grâce aux fonds de solidarité européens sous entend que les banques irlandaises, italiennes et françaises pourraient également en bénéficier au cas où.
Dans ce cas, ces dernières ne seraient plus dans l’obligation et l’urgence de vendre des actifs pour augmenter leur surface de solvabilité. Donc, la pression vendeuse sur les marchés devrait disparaître, permettant ainsi aux cours de remonter ! Voilà en gros le raisonnement actuel des investisseurs et des spéculateurs qui se sont aussitôt rués à l’achat. Si on approfondie un peu les choses, de deux choses l’une : ou bien les fonds de secours vont simplement servir à garantir d’éventuelles pertes des banques ce qui théoriquement, ne devrait plus les pousser à faire appel aux marchés en urgence (augmentations de capital à des cours très bas).
Ou bien, ces derniers entreraient directement dans leur capital pour le renforcer et donc diluer fortement les actionnaires actuels. Dans le premier cas, cela ne changerait pas grand chose par rapport à avant le sommet européen. Le marché interbancaire aurait toujours du mal à refonctionner normalement, mais dans la deuxième configuration. Dans les deux cas, les valeurs bancaires n’auraient de raison de remonter de manière substantielle avant longtemps. A plus long terme, le principal handicap pour la remontée de la majeure partie des valeurs est la persistance d’une fiscalité très lourde pendant de longues années.
Du point de vue technique, le rebond en cours sur le Cac 40 a cassé la zone de résistance des 3.150 points et sauté immédiatement sur la suivante, située entre 3.250 et 3.300 points. Au-dessus, la ligne de résistance baissière à long terme passe actuellement autour de 3.410 points. Il n’y a guère qu’un transfert massif de capitaux des obligations vers les actions pour permettre une poursuite de la hausse à moyen terme. Et dans ce cas, cela poserait un grave problème de financement de la dette souveraine !