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Les Strauss-Kahn...
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
La journaliste du Monde ? Raphaëlle Bacqué, cosigne le livre événement de l’été «Les Strauss-Kahn» (chez Albin Michel), coécrit avec Ariane Chemin, un livre qui figure en tête des ventes en ce début d’été. Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin sont journalistes politiques au Monde. Ensemble ou séparément, elles ont déjà publié plusieurs ouvrages avec succès, comme «Chirac ou le démon du pouvoir», «Une famille au secret : Le Président, Anne et Mazarine», «La Femme fatale» ou «Le dernier mort de Mitterrand».
Raphaëlle Bacqué nous parle de ce nouveau livre qui raconte une histoire folle, mais véridique : «C’est une histoire qui s’est terminée spectaculairement. Ce qui nous a le plus frappées, c’est qu’en remontant jusqu’à vingt ans en arrière l’histoire de ce couple, on s’aperçoit que ce n’est qu’une longue montée vers la catastrophe finale. Tous les ingrédients de la chute existaient déjà bien longtemps auparavant, dès la rencontre entre cet homme et cette femme, cette rencontre entre le pouvoir et la gloire médiatique».
Dans son portrait, elle souligne que «ce qui frappe chez lui, c’est son goût pour le danger, sa façon de tutoyer les marges. C’est un joueur, c’est un vrai joueur. Il joue jusqu’au bout. S’il gagne, il gagne et, s’il perd, il perd... Il le dit lui-même. Depuis toujours, il a aimé ce danger, cette conjugaison entre le pouvoir et le risque, entre l’engagement et la hauteur de vue du grand économiste, et la trivialité de l’homme allant dans les bas-fonds. Il adore cet entremêlement de deux vies et c’est ce qui l’a amené à sa perte».
Et pourtant, elle révèle aussi que c’est François Mitterrand qui aura été le premier à le comprendre : «François Mitterrand a eu cette phrase, à la fois la plus cinglante et la plus clairvoyante, puisqu’il disait au tout début des années 90 : «Strauss-Kahn est un jouisseur sans destin.» Il avait repéré en lui à la fois l’homme à femmes et l’homme de plaisir, mais aussi l’absence de discipline. Mitterrand était lui-même un homme qui ne négligeait aucun plaisir, mais il était bien conscient que pour se construire un destin, pour devenir président de la République notamment, il faut une discipline, une ténacité, un travail, que jamais Dominique Strauss-Kahn n’a voulu accomplir».
Dans cette saga, la question que tout le monde se pose, c’est comment Anne Sinclair a-t-elle pu accepter cela, alors qu’elle savait vraiment ce qui se passait… Pour Raphaëlle Bacqué : «Il y a un mélange d’amour réel et de partage d’une même ambition. C’est à la fois un couple et un partenariat. Anne Sinclair est une femme très fascinée par les hommes de pouvoir, depuis toujours, elle a elle-même l’ambition de monter jusqu’au plus haut sommet de l’État.
Elle trouve en Dominique Strauss-Kahn un homme qui la séduit et qui la fascine, mais qui va lui permettre d’accomplir ce qu’elle veut faire en couple. C’est ce qui lui plaît. Elle n’a de cesse de se comparer aux grands couples de l’histoire, aux Clinton, aux Kennedy, c’est son modèle. Elle construit chaque année cette légende avec des reportages et une série de déclarations d’amour publiques.