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Vers un sauvetage urgent de l’Espagne ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Le monde politique international commence enfin à parler ouvertement de crise systémique et à réfléchir sur les bons moyens d’en sortir. Le monde économique paye aujourd’hui très cher les manipulations monétaires de ces deux dernières décennies dont le principal objectif était de tenter de gommer les bas de cycles économiques, c’est-à-dire éviter artificiellement les récessions.
Non seulement, on a eu droit aux dites récessions, mais le coût cumulé de ces interventions et des déficits dus aux récessions elles-mêmes se traduit aujourd’hui par un volume total de dettes impossible à rembourser dans un délai raisonnable par un nombre croissant de pays. La vieille Europe est la plus touchée en raison de son faible potentiel de croissance économique, avec une faible natalité, peu d’immigration et un système social pesant très lourd en pourcentage de PIB.
Mais, ce qui surprend le plus les marchés et les investisseurs étrangers, c’est la vitesse avec laquelle les déficits se sont creusés au cours des deux dernières années et l’accroissement de la dette publique que cela a entraîné. Du coup, la peur de perdre une grande partie du capital investi en obligations d’état commence à s’installer dans les esprits des épargnants de base, faisant pression en retour sur les gérants des fonds de pension et de retraite.
Avec la crise de la Grèce, les fameux CDS sensés protéger le capital en cas de défaut de l’émetteur public ont montré leurs limites face à la taille des montants à rembourser. Du coup, cet ultime filet technique de protection n’est plus si sûr que cela à cause de la déconfire d’un grand nombre d’établissements bancaires, sensés couvrir les défauts de paiement. La hausse vertigineuse des taux d’intérêt espagnols, irlandais et italiens reproduit désormais implicitement, comme jadis, la prime de risque liée à cet investissement.
Par ailleurs, comme pour les " sub-primes ", la contamination à partir de la situation grecque est en marche et touche aujourd’hui l’Espagne de plein fouet. Les mêmes analystes qui disaient que le montant total des " sub-primes " était trop faible pour provoquer un crise systémique, ont encore répété que le faible poids d’Athènes dans l’économie européenne ne représentait pas un danger pour les banques et encore moins pour les autres pays de l’Union.
L’effet dominos est bien là et il va falloir organiser très rapidement un sauvetage de toute l’Espagne, et pas seulement ses banques, pour tenter de stopper nette l’hémorragie. Sinon, tous les rebonds économiques et boursiers ne seraient que temporaires et rapidement submergés par de nouveaux plus bas historiques.