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Crédit Agricole : de catastrophe en catastrophes.
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Nicolas MIGUET
Crédit Agricole SA transforme en moins-values de plus en plus catastrophiques tous ses paris, sauf la reprise de LCL (ex-Crédit Lyonnais, acheté très cher toutefois). Le cours a été divisé par dix en cinq ans, la catastrophe n’est pas à exclure, les pauvres “gogo-clients” vont trinquer, alors que les responsables, outre de copieux salaires, vont toucher encore un million d’euros de jetons de présenceau conseil d’administration en 2012.
Au Crédit Agricole SA, la situation devient très, très, très préoccupante. L’État français vient d’emprunter à 50 ans à un taux extraordinairement bas, historiquement au plus bas, à savoir 3,27% de taux d’intérêt sur une durée d’un demi siècle. Lorsque le Crédit Agricole veut emprunter del’argent à ses consœurs, à une courte ou moyenne échéance, il doit payer des primes de plus en plus importantes. Fitch vient de dégrader la notation de CA SA et envisage de baisser encore cette évaluation du risque.
Récemment, il y a eu un sondage du marché sur l’émission d’emprunt sur une durée longue d’environ 10 ans, le Crédit Agricole a, selon nos informations, renoncé à lancer cet emprunt, le marché n’acceptait de souscrire qu’à un taux de l’ordre de 7% par an, ce qui est extraordinairement élevé, très supérieur au taux exigé pour les grandes affaires industrielles. Le Crédit Agricole songe donc à imiter BPCE (Caisses d’Épargne, Banques Populaires), qui vient d’émettre un emprunt obligataire, essentiellement placé dans le public, pour environ 200 millions d’euros, un emprunt de huit ans, portant des intérêts annuels de 3,3%, payés tous les trimestres.
Pour que cet emprunt rencontre un certain succès, à moins que le Crédit Agricole ne fasse des placements dans ses différents instruments de gestion, il faudra consentir à des intérêts supérieurs à ceux de BPCE, vu le risque, qui n’est absolument plus négligeable. Certains spécialistes du marché obligataire m’ont affirmé que le Crédit Agricole ne pouvait émettre, raisonnablement, dans le grand public qu’en proposant 3,8 à 4% d’intérêt annuel toujours sur cette même période de huit ans alors que le taux des obligations assimilables du Trésor d’État, lors de la dernière adjudication, était de 2,46% sur une période de dix ans.
Décote supérieure à ses confrères, à raison.
En regardant les grands établissements européens cotés en Bourse, les banques notamment, il semble qu’ils n’ont plus la cote, ils sont estimés par les marchés, actuellement, à une valeur inférieure à leurs actifs, ce qui présuppose que la plupart des analystes financiers s’attendent à ce qu’ils extériorisent de lourdes pertes avec l’obligation de faire des augmentations de capital en diluant les actionnaires actuels. Les quatre principales banques françaises ont une décote très importante, elle est de presque moitié face à la valeur de leurs métiers pris séparément, même si cette valeur a baissé (la vente de la filiale de Dexia, Denizbank le prouve, avec un prix de 133% de la valeur dans les livres contre 300% il y a six ans), mais, pour les banques françaises, il y a une " sur décote " supplémentaire de 24 à 25% par rapport à l’estimation des autres banques commerciales européennes par les marchés.