⟵ Retour
Un peu de transfert sur les actions.
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Les capitaux pris au piège de la crise se sont principalement rués ces derniers mois vers les actifs jugés les moins risqués, au détriment des actions, notamment européennes. Les principaux bénéficiaires auront été les emprunts d’état Suisse, Allemand et Américain.
Depuis quelques jours, les indices boursiers ont commencé à montrer quelques signaux de résistance face aux assauts baissiers de la grande spéculation institutionnelle. Il faut dire que l’environnement financier sur le vieux continent s’y prête particulièrement, avec l’enfoncement de l’Espagne et de ses banques dans la crise.
Le rebond en cours trouve son origine essentiellement dans deux éléments : primo, les gérants traditionnels en ont marre de voir leur argent quasiment non rémunéré avec les dits emprunts d’état et recommencent à lorgner sur les actions qui ont beaucoup baissé depuis la mi-mars. Secundo, on s’agite beaucoup du côté de Bruxelles et de la BCE pour trouver une solution durable pour le sauvetage des banques en situation de faillite.
Du coup, le principal argument des vendeurs à découvert, la faillite de banques en cascades, perd fortement de sa portée au moins à court terme. Si on ajoute à cela, les rumeurs circulant à Wall Street sur la préparation d’une intervention massive de la Réserve Fédérale Américaine (Fed) dans les semaines à venir, le cocktail paraît suffisant pour engendrer un fort rebond technique à court terme.
A long terme, il en va tout autrement, car les problèmes majeurs de fond n’ont toujours pas trouvé de solutions convaincantes. Dans la zone Euro, rien ne montre aujourd’hui que les états du Sud, la France comprise, seraient un jour en situation de maîtriser leurs déficits budgétaires. Cela implique bien entendu le non paiement à terme de leurs dettes respectives dont la progression suit un rythme exponentiel avec les jeux des intérêts composés.
Aujourd’hui, l’Espagne, pourtant peu endettée il y a encore deux ans, se rapproche à grande vitesse de la situation de la Grèce. Sur le marché de sa dette, les rendements augmentent rapidement et sont d’ores et déjà insupportables sur le long terme. Il est difficile d’imaginer les conséquences d’une cessation de paiement de la quatrième économie européenne alors que le tout petit pays qu’est la Grèce par le poids de son économie, a fait vaciller l’ensemble de la zone Euro.