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Gare à la contamination par la dette.
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
La semaine a été particulièrement agitée avec des indices réalisant le grand écart entre les séances baissières et les haussières, avec toutefois, une franche prédominance pour le repli. Les marchés européens ont du mal à conserver les gains acquis au cours des mois précédents, alors que les investisseurs étrangers ont commencé à prendre leurs bénéfices.
Le creux constaté dans les carnets d’ordre confirme bien l’absence de relais acheteur auprès de la clientèle finale locale. Les raisons sont toujours les mêmes : l’enchevêtrement du secteur bancaire et de la dette publique et les déséquilibres de financement que cela engendre. Mario Draghi, le tout nouveau patron de la BCE vient de faire publiquement le constat que les fameux prêts LTRO de 1 milliard d’euros ont surtout été utilisés pour acheter (ou souscrire) de nouveaux emprunts d’état !
Les Banques arguant une demande privée de crédits trop faible. Une fois cette manne épuisée, les taux obligataires recommencent à se tendre et les écarts entre pays de l’Union se font de plus en plus béants. Les marchés semblent anticiper un éclatement à moyen ou long terme de la zone Euro et le retour de certains pays à leur monnaie d’origine. La prime de risque actuellement très élevée sur l’Espagne, le Portugal et l’Italie et dans une moindre mesure la France sert à couvrir en quelques sortes l’éventualité de cet événement de séparation.
Comme les emprunts sont libellés en Euro, un éventuel retour à la monnaie locale s’accompagnerait d’une forte dévaluation et donc une forte augmentation de la masse de la dette traduite en monnaie locale. Les valeurs bancaires souffrent particulièrement de cette situation, ce qui était largement anticipé depuis des années par mes analyses récurrentes sur le sujet. A présent, ce que l’on craignait, à savoir la contamination des autres secteurs par la baisse de leurs actions sur les marchés est en passe de se réaliser.
Puisque le coût de la dette augmente pour les états, il l’est encore plus pour pour le secteur privé lorsque les entreprises se retrouvent avec un fort taux d’endettement. Les exemples ne manquent pas : Peugeot, Pages Jaunes, Vivendi, Véolia et bien sûr et toujours les Banques. Les investisseurs se mettent subitement, à tort ou à raison, à douter de leur capacité à rembourser les emprunts contractés.
En revanche, les valeurs saines sans endettement et dégageant de confortables bénéfices sont actuellement encore très fortement valorisées en Bourse et risquent de corriger brutalement du jour au lendemain. Ces écarts de valorisation ne traduisent pas un marché sain. Techniquement, après avoir cassé les 3.250 points, l’indice Cac 40 a prolongé son déclin jusqu’aux 3.100 points sur lesquels il a rebondi assez vigoureusement.