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La dépression ne doit pas être un sujet tabou...
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
C’est un très beau livre que celui que vient de publier Gilles Paris. Auteur de deux romans, Papa et maman sont morts (Le Seuil, 1991) et Autobiographie d’une courgette (Plon, 2002), Gilles Paris, qui travaille dans le monde de l’édition, signe une autobiographie très émouvante sur la dépression.
Il y a le pays des Bisounours, où tout le monde s’aime, et le pays des kangourous, où tout le monde saute à cloche-pied vers un monde meilleur. C’est celui-ci qu’a choisi Gilles Paris pour nous raconter une histoire poignante, celle d’un petit garçon âgé de neuf ans qui observe le délitement du couple que forment ses parents et la spirale de la dépression qui s’ensuit pour son père, jusqu’à son internement dans une clinique spécialisée.
Simon vit avec son père Paul et sa mère Carole dans un vaste appartement parisien. En fait, le couple n’en est plus un depuis longtemps, la faute incombe au métier de Carole qui l’accapare. Paul est écrivain, il écrit pour les autres. Carole est une femme d’affaires, elle passe sa vie en Australie, loin d’un mari qu’elle n’admire plus et d’un enfant qu’elle ne sait pas aimer.
Le jour où Paul est hospitalisé, Simon voit son quotidien bouleversé. Et les interrogations submergent l’enfant. De quoi souffre son père ? Pourquoi ce regard éteint et effrayé ? Pourquoi cette fatigue intense ? Pourquoi ces médicaments ? Pourquoi l’hôpital ? Et la chambre de son papa dont on lui interdit l’accès, que cache-t-elle ?
Des questions obsédantes auxquelles les grands n’apportent pas de réponse. Ou tout du moins pas de vraie réponse. Simon, est alors recueilli par une grand-mère qui aime les séances de spiritisme et il rencontre à l’hôpital une petite fille autiste, Lily, qui va l’aider à croire à nouveau en la vie.
À son tour, Simon pourra aider son père à sortir de cette maladie prétendument honteuse, dont on n’ose prononcer le nom, mais l’enfant le fera avec ses mots à lui. Porté par l’amour de Lily, perdu dans un univers dont le sens lui résiste, Simon va s’efforcer, au travers des songes qu’il s’invente en fermant les yeux, de mettre des mots sur la maladie de son père, jusqu’à toucher du doigt une vérité que l’on croyait indicible.