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Le Petit livre rouge de la culture de Christophe Girard.
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
La majorité des lecteurs de L’Hebdo-Bourseplus ne sont visiblement pas socialistes. Cependant, s’il y a une consigne qui est donnée par Nicolas Miguet aux membres de sa rédaction, c’est bien de ne pas être sectaires, de se montrer honnêtes intellectuellement et de toujours faire preuve de franchise à l’égard des lecteurs, car il s’agit bien d’un pacte de confiance.
Alors, après avoir lu " Le Petit livre rouge de la culture " de Christophe Girard, on ne peut en dire que du bien. C’est la vérité, il faut donc le dire. L’adjoint PS en charge de la Culture à la Mairie de Paris y présente ses propositions pour une politique culturelle forte. Cet élu est atypique, d’abord parce qu’il ne vient pas de la fonction publique, et aussi parce que force est de reconnaître qu’il maîtrise parfaitement son sujet.
Ainsi, il préconise l’intégration du numérique dans les attributions du ministère de la Culture et de la Communication, il propose d’obliger les fournisseurs d’accès à l’Internet à investir une partie de leur chiffre d’affaires dans le financement de la diversité culturelle (comme c’est le cas pour les stations de radio et les chaînes de télévision), il rêve de créer une sorte de salle virtuelle, immatérielle, pour diffuser sur Internet les spectacles joués dans les grandes institutions culturelles...
Il souligne : "Des millions de gens accèdent aux sites des musées en allant sur Internet. C’est pour cette raison que je cite longuement l’Abbaye de Fontevraud dans mon livre, car c’est un haut lieu d’histoire, une ancienne prison également, qui est devenue un haut lieu de culture mais aussi de culture contemporaine. La place du numérique joue un rôle considérable pour le partage du savoir et du patrimoine. Donc, je pense que le numérique est une chance. C’est une nouvelle façon de communiquer, d’échanger, d’apprendre. Ce n’est pas un espace dont on doit avoir peur. C’est pour cette raison que je souhaite que le champ du ministère de la Culture et de la Communication soit élargi au numérique et que le numérique ne soit pas simplement un sujet traité par un ministère ou un secrétariat d’État à l’Industrie".
Son plaidoyer pour l’éducation numérique est convaincant : "L’éducation numérique va prendre sa place réelle dès l’école primaire et tout ce qui sera diffusé grâce à l’Internet peut donner le goût de la vraie salle. Lorsqu’il y a des spectacles, beaucoup de gens n’y vont pas le soir de la première ou les soirs suivants, parce qu’ils ont la timidité d’y aller ou parce qu’ils n’en ont pas les moyens ou le temps. Internet permettra de regarder la réalité de ces spectacles en donnant le goût de la vraie salle, des fauteuils, des gradins, du lever de rideau, du comédien, du danseur, du chanteur… Rien ne remplacera jamais la pièce de théâtre, l’opéra et tout ce qui est en vrai !"
Il va aussi plus loin en prônant une incursion plus forte de la culture dans nos espaces de vie : "On voit bien que chaque fois qu’un lieu culturel ouvre - une médiathèque, un conservatoire, des ateliers d’artistes, un cinéma ou une librairie - cela change la vie collective dans le village ou la ville. Lorsque les artistes sont mélangés à la vie et à la ville, ils apportent du bonheur. Par exemple, lors de la construction de logements sociaux, je propose de réserver les bas d’immeubles à des sculpteurs ou à des musiciens, pour créer des ateliers. Cela contribuerait à créer du plaisir, du beau, du rêve et du lien social. Cela fait partie de notre devoir : faire en sorte d’avoir toujours une grande mixité, à la fois sociale en termes de revenus, mais également en termes de métiers. L’artiste reste toujours celui qui enchante le monde. Lorsqu’un écrivain habite dans un immeuble, je pense que c’est une chance pour les habitants d’avoir un écrivain avec lequel ils peuvent échanger. Quand une librairie organise une signature, c’est aussi de la vie pour le quartier".