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La République du copinage...
LITTÉRATURE
✍️ Par Yannick URRIEN
Vous n’êtes pas naïfs, vous vous en doutez, le copinage est partout et il est particulièrement bien développé au sein des hautes sphères.
Vincent Nouzille vient d’enquêter sur la cinquantaine de cercles et réseaux divers qui font la France. La question que tout le monde se pose, c’est de savoir s’il est possible de réussir sans toutefois appartenir à un réseau.
La réponse est éloquente : «On peut toujours survivre, mais plus on monte dans la hiérarchie sociale, plus on se rapproche des centres du pouvoir, plus l’accès à ces centres de pouvoir est conditionné au fait d’avoir un diplôme d’une grande école, Polytechnique, HEC ou l’ENA, et surtout au fait d’avoir des amis bien placés. Les réseaux d’influence sont de toute nature, c’est devenu un peu caricatural.
Avec la crise, l’ascenseur social est en panne, les élites ont tendance à se protéger et le système à se reproduire. On pense la même chose, on se côtoie dans les mêmes clubs, comme le fameux club Le Siècle. Si l’on n’a pas tous ces sésames, il est difficile de faire entendre sa voix».
Le constat est sans appel. Pourtant, on pourrait penser qu’il est légitime de se rapprocher de ceux qui nous ressemblent : «C’est normal, on fait confiance à ceux qui nous ressemblent et on attire aussi ceux qui nous ressemblent…
Dans une démocratie avancée, cela ne pose pas forcément de problème. Ce qui pose véritablement un problème, c’est le système institutionnalisé du copinage à haut niveau. Pour obtenir un poste de PDG dans un grand groupe, il vaut mieux être parachuté et appartenir à un grand corps de l’État, donc être déjà membre d’une caste.