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Nexity, ou le neuf sans acheteur.
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✍️ Par Yannick URRIEN
Dans les comptes à neuf mois de Nexity il y a une précision que le promoteur met en avant pour adoucir la lecture : les ventes en bloc se signent pour l’essentiel en fin d’année. C’est exact, mais cela ne change rien au fond. Avec 5 394 réservations, en recul de 17 %, et un troisième trimestre amputé de 46 %, le premier promoteur français efface l’embellie du premier trimestre, qui avait vu les réservations progresser pour la première fois depuis 2021. Le chiffre d’affaires suit, à 1,61 milliard d’euros, en baisse de 17 %.
Le détail est plus instructif que le total. Les institutionnels se sont retirés, avec des achats en chute de 59 % : avec une OAT au-dessus de 4 %, un rendement locatif résidentiel qui ne la dépasse guère n’offre plus aucune prime de risque. Les accédants reculent de 18 %, étranglés par un crédit à 3,40 % et des refus de prêt en hausse. Seuls les investisseurs particuliers, soutenus par le dispositif Jeanbrun, progressent en part relative, à 27 % des réservations contre 22 %. Le marché du neuf ne tient plus que par la fiscalité, ce qui n’a jamais constitué un modèle durable.
Véronique Bédague a le mérite de la franchise lorsqu’elle situe l’horizon de la crise « jusqu’après la présidentielle » et n’exclut pas de nouvelles suppressions de postes, deux ans après un premier plan. On en mesure moins la portée qu’on ne le devrait : le promoteur dit, en substance, que l’équation foncier, coût de construction et solvabilité ne se boucle plus en France. Ceux qui s’en sortent vendent du luxe ou construisent au Portugal et en Espagne. La guidance 2026 est maintenue, mais sous réserve que l’environnement ne se dégrade pas, une clause qui ressemble fort à un avertissement.
La Bourse a tranché avant les analystes : autour de 4,40 euros fin octobre, le titre a perdu plus de 40 % depuis juillet et la capitalisation retombe sous les 250 millions d’euros, à comparer aux 560 millions de liquidités revendiquées fin juin, qui ne sont pas une trésorerie nette. À ce prix, le marché évalue un risque de survie davantage qu’une décote cyclique. Pour l’investisseur patient, c’est une option sur la reprise de 2027, pas un placement.
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