Quand les habitants rouvrent l'épicerie du village.

LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

Alix Vaz, directrice du déploiement des opérations de Bouge Ton CoQ : « Les habitants cherchent à recréer un lieu de vie, d’échanges et d’entraide. »  

L’association Bouge Ton CoQ propose d’accompagner trente nouveaux projets d’épiceries participatives cet hiver. Derrière le retour d’un commerce alimentaire se dessine une ambition plus large : redonner aux habitants un lieu où se retrouver. Comment fonctionne ce modèle ? Avec quels moyens et quelles exigences ? Lorsque le dernier commerce ferme, les habitants perdent une possibilité de faire leurs courses, mais aussi une occasion de se rencontrer. C’est cette double fonction que les épiceries participatives cherchent à retrouver.

Dans une publication de Cdurable datée du 26 octobre, Alix Vaz, directrice du déploiement des opérations de Bouge Ton CoQ, explique : « Les habitants cherchent aussi à recréer un lieu de vie, d’échanges et d’entraide. » Selon elle, les projets accompagnés débouchent fréquemment sur d’autres activités : un espace pour prendre un café, des animations ou des rendez-vous entre voisins. Le commerce devient alors le point de départ d’une vie collective.  

Le modèle présenté par Bouge Ton CoQ repose sur une association gérée par les habitants. Chaque membre consacre deux heures par mois au fonctionnement de l’épicerie. Les consommateurs participent également au choix des produits. Cette organisation change la relation au commerce : les adhérents contribuent au service dont ils bénéficient. À Vecoux, dans les Vosges, Steve Bekai, de l’épicerie Épi’Cœur, décrit ainsi sur le site de l’association « un lieu de vie et de rencontres ». Son témoignage insiste sur les échanges entre habitants autant que sur l’approvisionnement alimentaire.  

Deux conditions structurent le modèle : le travail bénévole et la mise à disposition gratuite d’un local. L’épicerie n’a donc ni salaires ni loyer à financer. L’association présente ce fonctionnement comme le moyen de revendre les produits sans marge, tout en préservant la rémunération des fournisseurs. Il faut cependant distinguer l’absence de ces deux charges d’une absence totale de dépenses. Avant l’ouverture, le collectif doit préciser qui prend en charge l’équipement, l’assurance, l’énergie ou l’entretien. La viabilité dépend d’une répartition claire de ces coûts et des responsabilités.  

Bouge Ton CoQ indique qu’un collectif constitué n’est pas indispensable pour candidater. Son accompagnement commence notamment par une enquête auprès des habitants et une réunion publique, afin d’évaluer l’intérêt local et de faire émerger une équipe. Viennent ensuite la création de l’association, la sélection des produits, l’organisation du travail et la préparation du local. L’aide porte aussi sur les démarches administratives et les outils de gestion. Les bénévoles peuvent se répartir les tâches selon leurs préférences et leurs compétences.

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