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ArcelorMittal : le rebond ne suffit pas
LE DOSSIER DE LA SEMAINE
✍️ Par Yannick URRIEN + Mustapha GHAILANE
ArcelorMittal a rebondi à 54,54 euros le 27 octobre, mais le signal de prudence reste intact. La rupture du canal haussier majeur, le 1er octobre autour de 57,30 euros, a changé la configuration du titre. Depuis son sommet annuel de 68,42 euros, l’action, qui a perdu environ 20 %, évolue dans un canal descendant. Une séance de hausse, même de 3,26 %, ne suffit pas à effacer cette dégradation. Pour un nouvel investissement, mieux vaut attendre.
Les résultats du groupe ne sont pourtant pas ceux d’une entreprise en difficulté. Au deuxième trimestre, son EBITDA atteignait 2,06 milliards de dollars, contre 1,86 milliard un an auparavant. Rapporté aux expéditions, il représentait 155 dollars par tonne, contre 135 dollars. L’entreprise a donc amélioré sa rentabilité unitaire alors que les volumes livrés reculaient. C’est un progrès tangible. Il ne garantit pas que le marché acceptera de payer davantage les bénéfices futurs.
L’acier conserve cette particularité : les coûts d’un outil industriel lourd ne diminuent pas au rythme des commandes. Quelques points d’utilisation des capacités peuvent modifier sensiblement les résultats. Le choix des produits, la qualité des implantations et la discipline d’investissement comptent autant que le tonnage.
Le groupe est né en 2006 du rapprochement de Mittal Steel et d’Arcelor, lui-même constitué en 2002 autour du français Usinor, du luxembourgeois Arbed et de l’espagnol Aceralia. Cette généalogie rappelle ce que représentait alors la sidérurgie : des héritages nationaux, des bassins d’emploi et une conception politique de la souveraineté industrielle. Lakshmi Mittal y avait introduit une logique mondiale de consolidation et d’allocation du capital.
Vingt ans plus tard, la diversification géographique reste un atout. Elle permet de rechercher la croissance ailleurs lorsque l’industrie européenne ralentit. L’Inde, le sud des États-Unis, les aciers électriques et les infrastructures énergétiques occupent une place importante dans les projets du groupe. Mais une implantation mondiale n’abolit pas le cycle. Elle répartit les risques, tout en multipliant les besoins de financement et les contraintes d’exécution.
La direction estime que son portefeuille de projets de croissance et d’acquisitions peut apporter environ 1,8 milliard de dollars d’EBITDA supplémentaire à partir de 2026 et au-delà. Il s’agit d’un potentiel annoncé, pas d’un résultat déjà encaissé. L’investisseur devra suivre les mises en service, les volumes effectivement vendus et le rendement des capitaux engagés.
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