Le bilan du troisième trimestre 2026.

LA VIE DE L’IMMOBILIER

✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN

David Benbassat, président de Bien’ici : « Les Français continuent de consulter les annonces, mais hésitent à concrétiser leurs projets. »

Davantage de logements proposés, moins de contacts et des prix qui résistent : le marché immobilier peine à retrouver une dynamique durable. Le bilan de Bien’ici révèle un décalage entre les intentions des ménages et leur capacité à s’engager. Derrière les moyennes nationales, maisons, appartements, programmes neufs et locations suivent des trajectoires différentes. L’envie d’acheter n’a pas disparu. La décision, elle, se fait attendre. « Ce troisième trimestre marque un véritable tournant : alors que l’offre augmente légèrement, la demande fléchit », observe David Benbassat, président de Bien’ici. Sur le portail, le nombre d’annonces de biens à vendre progresse de 4 % entre le troisième trimestre 2025 et celui de 2026. Les contacts reculent, eux, de 22 %.

Deux mouvements contraires qui replacent les vendeurs face à la concurrence et donnent aux acquéreurs davantage de choix. Les chiffres ne décrivent pas une chute de 22 % des transactions françaises, mais une diminution des prises de contact depuis les annonces de la plateforme. Le signal intervient en amont de la vente. Il renseigne sur l’engagement des candidats, sans permettre de compter les compromis signés ou les actes enregistrés chez les notaires. « Les Français continuent de consulter les annonces, mais hésitent à concrétiser leurs projets », résume David Benbassat. La distinction est essentielle. Regarder un appartement permet de se faire une idée du marché. Demander une visite engage davantage. Faire une offre suppose de disposer d’un financement et d’accepter le prix. C’est ce passage de la curiosité à l’engagement qui semble aujourd’hui moins assuré.


Les maisons attendent davantage.

Le temps de présence des annonces éclaire ce ralentissement. Au troisième trimestre, elles restent diffusées 82 jours en moyenne. Mais les maisons demeurent en ligne 91 jours, contre 71 jours pour les appartements. Un an plus tôt, ces durées atteignaient respectivement 87 et 73 jours. L’écart se creuse donc : les maisons attendent davantage, tandis que les appartements connaissent une légère amélioration. Une maison familiale et un appartement ne mobilisent ni le même budget global ni les mêmes dépenses d’entretien. Lorsqu’il faut ajouter une rénovation, le candidat raisonne sur le coût complet de son installation. La durée de diffusion n’est toutefois pas un délai de vente. Une annonce retirée ne signifie pas nécessairement qu’un acte a été signé. L’indicateur reste utile pour observer la commercialisation, à condition de ne pas lui faire dire davantage.

Les écarts régionaux sont également sensibles. Sur un an, la durée moyenne de publication diminue de huit jours en Île-de-France, mais augmente de quatre jours en Provence-Alpes-Côte d’Azur et de dix-sept jours dans les Hauts-de-France. Pour un vendeur, une moyenne nationale renseigne moins que la concurrence immédiate : les logements comparables proposés dans son quartier, leur état et leur prix. Le recul des contacts ne provoque pas, à ce stade, de correction générale des prix affichés. Les appartements sont proposés à 4 771 euros le mètre carré en moyenne, en progression de 0,7 % sur un an. Les maisons s’établissent à 2 761 euros, en baisse de 1 %. Hors Île-de-France, les appartements reculent de 1,2 % dans les zones urbaines. En Île-de-France hors Paris, ils progressent de 2 %. Ces niveaux correspondent aux prétentions des vendeurs, avant négociation. Le prix d’une annonce et celui finalement accepté peuvent différer.

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