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Immobilier : la protection contre l'inflation ne se décrète pas.
IMMOBILIER
✍️ Par Yannick URRIEN
La pierre rassure davantage qu’elle ne garantit le pouvoir d’achat. Au 1er octobre 2026, MeilleursAgents estime la progression du prix des appartements grenoblois à seulement 4,5 % sur dix ans. Sur une période voisine, de septembre 2016 à septembre 2026, l’inflation cumulée ressort autour de 24 %, d’après les évolutions annuelles de l’Insee, dont la dernière reste provisoire. L’ordre de grandeur est donc celui d’une dépréciation réelle de 16 %, avant revenus et frais. Sur cinq ans, la correction est déjà nominale : les appartements ont perdu 12,5 % à Nantes et 10,5 % à Paris.
La durée de détention ne suffit pas, à elle seule, à transformer un prix d’achat élevé en bonne affaire. Un logement produit des loyers ou dispense son propriétaire d’en payer. Ces revenus, explicites ou implicites, doivent entrer dans le calcul, avec les intérêts, l’entretien, la fiscalité et les frais de transaction. L’inflation peut aussi alléger la valeur réelle d’une dette à taux fixe ; encore faut-il que les revenus du ménage suivent pour que l’effort de remboursement diminue. La protection dépend ainsi du financement autant que du bien. Un appartement payé comptant et le même acquis à crédit ne racontent pas la même histoire patrimoniale.
La difficulté apparaît lorsque le calendrier familial impose celui de la vente. Une mutation ou une séparation peut contraindre à constater la moins-value et, pour racheter, à renoncer à un financement ancien avantageux. Le propriétaire qui peut différer son projet conserve au contraire une raison d’attendre. Ce mécanisme freine la mobilité, sans permettre d’affirmer que 80 % des ventes seraient aujourd’hui contraintes : cette proportion n’est pas étayée par une mesure nationale récente.
Et vendre moins cher n’est pas toujours perdre sur l’ensemble de l’opération si le logement acheté ensuite a lui aussi baissé. À Paris, un prix d’entrée inférieur améliore mécaniquement le rendement brut, à loyer identique. Il ne répare pas le rendement historique de celui qui a acheté au sommet. Pour le nouvel investisseur, l’arbitrage doit porter sur le revenu net après charges, travaux et vacance, rapporté au capital réellement engagé. La décote devient intéressante lorsqu’elle rémunère l’illiquidité et les risques du bien, sans exiger une remontée des prix pour équilibrer l’investissement.
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