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Un maire interdit la maladie sur sa commune !
LA VIE DES COMMUNES ET COLLECTIVITÉS LOCALES
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Joël Hocquelet, maire de Marmande (Lot-et-Garonne) : « L’égalité devant la santé doit aussi être une égalité territoriale »
En interdisant symboliquement à ses administrés de tomber malades, le maire de Marmande veut alerter sur les difficultés d’accès aux soins. Derrière la provocation, cet élu, médecin de profession, défend le maintien d’un hôpital de proximité et refuse que l’adresse d’un patient détermine ses chances d’être soigné. Le 28 septembre, Joël Hocquelet a choisi d’interdire symboliquement la maladie sur le territoire de Marmande, dans le Lot-et-Garonne. « Notre arrêté est volontairement absurde », assume le maire dans le communiqué municipal. La formule prête à sourire. Elle pose pourtant une question sérieuse : que devient l’accès aux soins lorsque trouver un praticien ou se rendre aux urgences relève d’un parcours incertain ?
« Cet arrêté est une plaisanterie ; la situation de notre hôpital ne l’est pas », explique-t-il. L’établissement concerné, le Centre hospitalier intercommunal Marmande-Tonneins, dessert un bassin d’environ 110 000 habitants. Selon le quotidien régional, l’Agence régionale de santé a décidé sa mise sous administration provisoire en janvier 2026, après plusieurs années de difficultés. Dans la nuit du 9 au 10 septembre, ses urgences ont temporairement fermé, faute de médecin urgentiste. Pour les élus, cet épisode donne une traduction immédiate aux fragilités de l’hôpital.
La demande municipale porte sur des services précis : conserver le laboratoire d’analyses, indispensable au fonctionnement des urgences, et garantir leur ouverture permanente. La commune souhaite aussi que les conséquences des réorganisations soient évaluées en termes de trajets et de délais pour les patients. Derrière une modification administrative, il peut y avoir un déplacement supplémentaire à organiser, un proche à solliciter ou une consultation plus difficile à obtenir. La motion adoptée à l’unanimité par le conseil municipal le 28 septembre ne rejette pas le principe des mutualisations. Elle en reconnaît l’utilité lorsqu’elles permettent de consolider les équipes. L’inquiétude porte sur un autre résultat possible : concentrer progressivement les activités sur un nombre réduit d’établissements. Le débat concerne donc la manière d’organiser les soins, avec une exigence de proximité qui ne se mesure pas seulement sur une carte hospitalière.
« Moi, je ne peux pas supporter que le code postal soit un déterminant de santé », déclare Joël Hocquelet. « Ce n’est pas la République », ajoute-t-il. La difficulté dépasse ainsi la seule question hospitalière : lorsque la médecine de ville manque de disponibilité, les habitants disposent de moins de solutions pour une consultation ordinaire comme pour un problème plus urgent. La municipalité indique travailler avec ses partenaires sur des maisons de santé et un centre de santé. Elle réclame également d’être davantage associée aux décisions concernant l’offre hospitalière. Une pétition a été ouverte le 29 septembre. Président de Val de Garonne Agglomération, Joël Hocquelet entend porter la mobilisation à l’échelle intercommunale.
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