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Gros plan sur le marché de l'immobilier ancien à Paris.
LA VIE DE L’IMMOBILIER
✍️ Par Propos recueillis par Yannick URRIEN
Charles Marinakis, président de Century 21 : « Le marché parisien change de visage. »
Les moins de 40 ans et les primo-accédants deviennent majoritaires parmi les acheteurs parisiens recensés par Century 21 au troisième trimestre 2026. Pour Charles Marinakis, président du réseau en France, cette recomposition traduit une réouverture de l’accès à la propriété, dont la portée reste limitée par les prix et les fortes disparités territoriales. À Paris, les ventes repartent sans que les prix remontent. Dans le réseau Century 21, les transactions d’appartements progressent de 3,5 % sur un an au troisième trimestre, tandis que le prix moyen au mètre carré recule de 1,6 %, à 9 549 euros.
L’ajustement permet de rapprocher certaines offres des budgets disponibles, mais les négociations restent longues : le délai de vente atteint 90 jours, contre 86 un an auparavant. Le montant moyen d’une acquisition demeure, lui, presque stable, à 458 796 euros. Le marché retrouve du mouvement, sans effacer la sélection financière à l’entrée. « Le marché parisien change de visage. Les moins de 40 ans et les primo-accédants y prennent désormais une place centrale », observe Charles Marinakis dans la note de conjoncture du réseau.
Les moins de 40 ans représentent désormais 51,3 % des acquéreurs parisiens, contre 44,4 % un an plus tôt. Le déplacement est sensible, mais il concerne surtout les trentenaires : la part des 30-40 ans passe de 29,1 % à 35,7 %, tandis que celle des moins de 30 ans reste presque inchangée, à 15,6 %. Autrement dit, la capitale ne s’ouvre pas indistinctement aux jeunes ménages. Elle accueille davantage d’acheteurs à un stade de leur vie où leur situation professionnelle et leur capacité de financement peuvent être mieux établies. Les primo-accédants deviennent également majoritaires, à 51,5 %, contre 48,3 %. Les deux catégories se recoupent sans se confondre : un premier achat peut intervenir après 40 ans. « C’est une bonne nouvelle : cela montre que l’accession à la propriété redevient possible pour une partie des ménages qui avaient été exclus du marché ces dernières années », estime le dirigeant.
Cette lecture mérite toutefois d’être circonscrite. L’étude décrit ceux qui parviennent à acheter dans les agences du réseau ; elle ne mesure ni les projets abandonnés ni l’origine des apports. Elle ne permet donc pas de conclure à une démocratisation générale de l’achat parisien. Une progression de la part des primo-accédants peut aussi traduire le retrait relatif d’autres profils. Charles Marinakis pose lui-même la limite : « Mais il faut rester lucide : à près de 9 550 euros le mètre carré, acheter à Paris reste extrêmement difficile ». Pour les vendeurs, le retour d’acquéreurs ne constitue pas davantage un signal autorisant à relever les prétentions : des transactions en hausse, des prix en baisse et des délais plus longs décrivent un marché où l’accord reste difficile à obtenir.
Hors Paris, l’Île-de-France présente un profil d’acheteurs comparable, avec 54,1 % de moins de 40 ans et 51,6 % de primo-accédants, mais une conjoncture bien plus dégradée. Les ventes de maisons reculent de 5,3 % et celles d’appartements de 15,6 %, malgré des baisses respectives du prix au mètre carré de 7,7 % et de 4,3 %. La diminution des valeurs ne suffit donc pas à relancer les échanges. À l’échelle nationale, les transactions baissent également, de 3,6 % pour les maisons et de 4,7 % pour les appartements. Les délais atteignent respectivement 102 et 99 jours. La résistance parisienne reste une exception dans ce bilan : pour un propriétaire francilien qui doit vendre avant de racheter, le budget de la prochaine acquisition doit d’abord reposer sur le prix effectivement réalisable de son bien actuel.