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Qui arrêtera la chute de la Bourse de Paris ?
ANALYSE GRAPHIQUE
✍️ Par Mustapha GHAILANE
Après une courte période de consolidation de deux semaines, l’indice Cac 40 a fini par casser le seuil psychologique de 8.000 points. Le pic du 7 août à 8.755,03 points qui est également le record historique absolu paraît désormais lointain, plus exactement à 9 %. Comme lors de la baisse du mois de mars, la correction de mi-août à fin septembre s’est déroulée à la verticale avec quasiment que des séances baissières. Pour le moment, on n’a pas encore assisté à de fortes séances baissières comme cela est très souvent le cas pendant les périodes de forte correction.
Techniquement, les cours contactent à présent la ligne de support du canal haussier majeur redessiné encore une fois. Elle passe autour de 7.950 points et n’a pas cédé pour le moment. En cas de cassure, les cours devraient tester dans un premier temps la ligne de soutien horizontale secondaire située vers 7.850 points qui avait servi de fort rebond le 18 mai, avant d’aller chercher le nouveau record historique. En cas de cassure de cette zone, un signal d’accélération baissière serait généré en direction du soutien horizontal majeur à long terme de 7.505 points, remontant au très fort rebond du 23 mars. C’est un scénario qui reste plausible en l’absence de signaux de rebond à la Bourse de Paris.
Mais là où la situation est la plus grave et la plus inquiétante se situe sur le marché obligataire. En effet, les rendements des OAT à 10 ans, représentant la référence principale, continuent de grimper dangereusement en flèche. Bien entendu, le vide autour du budget 2026 avec les très probables blocages au niveau de l’Assemblée nationale, laisse de plus en plus perplexes les investisseurs. Les plus gros et les plus sérieux se détournent de la dette de la France alors que sa note A+ est de plus en plus contestée par les instituts de rating nonobstant le maintien récemment de ce niveau.
Par ailleurs, l’émergence de l’Allemagne en tant que très gros émetteur de dette sur la zone euro, à cause de sa très forte augmentation du budget de l’armement, vient concurrencer inopportunément les OAT. Les banques centrales étrangères et les très gros fonds détenteurs de réserves d’euros préfèrent désormais les placer en Bunds allemands. L’absence de perspectives de paix à court et moyen terme en Ukraine et au Moyen-Orient n’est pas de nature à faire baisser la pression haussière sur les taux. Cela d’autant plus que la campagne électorale pour les présidentielles s’avère désastreuse sur la qualité des candidats.
Aucun d’entre eux ne semble pour le moment capable aux yeux des grands investisseurs de redresser la trajectoire catastrophique du niveau de l’endettement public. Dans ces conditions, il est logique de voir les fonds spéculatifs faire irruption sur la dette française et pousser ses rendements à la hausse comme lors de la période qui avait précédé la crise grecque. Pourtant, les autres marchés boursiers résistent beaucoup mieux à la baisse. Mieux, le Nasdaq Composite évolue encore très près de ses records historiques et montre des signaux de pouvoir les battre à nouveau prochainement. Cela ne semble pas suffire pour autant à relancer la hausse à la Bourse de Paris, voire au moins arrêter sa chute continue.
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